Origines – Histoire

Voici une table des matière Origines – Histoire du site:

Synthèse et approche historique des origines de Philip Long

Cette section regroupe des informations sur plusieurs volets de recherche des origines familiales et historique de notre ancêtre commun, Philip Long.

Cette quête se divise en deux axes : le volet historique, portant sur ce qui est connu de Philip Long à ce jour (Origines – Histoire), constitue le cœur de la présente section.

Le second axe s’appuie sur la génétique des descendants et des ancêtres de Philip Long (Origines – Génétique) ; ces recherches sont détaillées dans une autre section du site.

Nous explorerons ici les hypothèses, les faits et le contexte historique entourant notre ancêtre.

Plusieurs chercheurs se penchent depuis longtemps sur les origines de Philip Long, à commencer par Mgr Lang et mon frère Ghislain. Gilles et Donald Long ont également réalisé des travaux considérables. Bien qu’ils ne soient pas nécessairement reproduits intégralement ici, nous allons faire référence régulièrement à leurs travaux et conclusions.

J’ai créé des pages dédiées à chacun d’eux où vous pourrez trouver les liens vers les travaux originaux. Toutefois, un survol est essentiel pour synthétiser l’ensemble des recherches ainsi que mes propres conclusions. J’y intègre également d’autres apports historiques, comme ceux de Ghislain et, tout particulièrement, ceux de Mgr Ernest Lang.

Pour consulter directement les recherches originales et profiter de la documentation accumulée, je vous encourage à suivre les liens ci-dessous, où les documents sources sont mis à votre disposition. 

Recherchistes sur les origines de Philip Long

J’ai aussi créer une page pour les autres recherchistes et écrivains qui ont au fil des ans élargit nos connaissances sur Philip Long. Les recherches de Ghislain et les miennes sont aujourd’hui largement regroupées. J’ai décidé de regroupé sur la page de Ghislain les différents documents et recherches réalisé au fil des ans.

Comme dans les autres parties du site, un index de la section apparaîtra en haut de la page.

Quelques questions clés sur les origines de Philip Long

Notre approche suivra une approche logique pour revoir les origines de Philip Long.

  1. Quelle est l’histoire du (des) surnom (s) de Philip?
  2. Quel était le surnom de Philip?
  3. Quelles étaient les origines ethniques de Philp? Écossais, Anglais ou Allemand?
  4. Où est-t-il né?
  5. Quand est-il né?
  6. Que savons-nous de la vie de Philip avant 1775?

Quelle est l’histoire du (des) surnoms probables de Philip?

Histoire du surnom Long-Lang-Lange-Laing

Origine du nom Long

L’origine du nom de famille Long reste baigné de mystère. Il semble exister au moins deux théories concurrentes quant à son origine. La première suggère qu’il s’agit d’une variante d’un toponyme normand-français tel que « de Longues » ou « de Longa ». La seconde théorie avance une origine basée sur des caractéristiques physiques ou autres, similaires à celles de noms de famille comme Short, Wise et Strong. On trouve également des Long en Écosse, devenus Lang, Laing, ou encore Longman, Langman. Des liens existent aussi avec les noms Longman et Longfellow en Angleterre. De nombreux Lang/Lange sont recensés en Allemagne, et même quelques-uns en Finlande.

Nous ne présentons ici que quelques résumés des vastes recherches menées pour établir les origines possibles du nom Long/Lang/Laing/Lange. Pourquoi tant de variantes ?

Voici quelques extraits d’un document intitulé Histoire ancienne du nom de famille distingué – LONG.

« … La première mention du nom Long a été trouvée dans le Wiltshire (Angleterre), où la famille était établie depuis des temps reculés. Les premières traces écrites de ce nom apparaissent dans les anciens recensements effectués par les premiers rois de Grande-Bretagne pour déterminer le taux d’imposition de leurs sujets.» « On pense que le nom de famille Long descend à l’origine de la race normande. On les croyait généralement d’origine française, mais il est plus exact qu’ils étaient d’origine viking.» « Le nom de famille Long est apparu comme un nom de famille anglais notable dans le comté de Wiltshire, où il est mentionné comme une famille très ancienne, établie avec un manoir et des terres dans ce comté. Ils descendaient d’un noble normand de Preux, en Normandie. Ce nom distingué s’est établi dans le Wiltshire… » « Au XIIIe siècle, la famille s’était étendue à Symington, Rowde Ashton et Whaddon, ainsi qu’à Beckington dans le Somerset, Monkton Farley et Bainton… » in Wiltshire, Preshaw in Oxford, and in the county of Norfolk.”[ii]

Le nom Long apparaît dans plusieurs documents officiels en Angleterre. Voici quelques exemples : Henry L. Longe, comté de Buckinghamshire, 1273 ; John Le Longe, comté de Huntingdonshire, ibid.; Walter Le Longe, comté de Shropshire, ibid.; Johanna Long, 1399 : P. T. Yorks, p. 130 ; 1536-1537 : Thomas Botton et Mary Long : acte de mariage (Londres), I.9.

Une branche de la famille Long descendait des Prieurs de France, en 1400.

Une autre source, non précisée, indique que les Long ont participé à la défense de Londonderry (1688-1689), en Angleterre.

Armoiries

Armoiries anglaises

La plus ancienne concession d’armoiries britannique est celle de John Long, décédé en 1597. Les armoiries des Long sont décrites comme suit :

Armoiries : Sable. À l’intérieur de deux flans et semés de croisettes d’or, un lion rampant d’argent.

Créature : Une tête de lion d’argent arrachée d’or, tenant dans sa gueule une main dextre arrachée de gueules.

Devise : Pieux quoique Preux. [iii]

Figure 1 – Armoiries de la famille Long. Cette version des armoiries provient d’une brochure publiée dans les années 1920 et intitulée « La Grande Famille Long en Amérique du Nord ». Si les origines anglaises de Philip sont un jour établies, nous envisageons de créer une version des armoiries en couleurs exactes.

Armoiries écossaise ou irlandaise

Aucune armoiries écossaise officielle existent pour la famille Long ou Lang. Nos recherches et celles de Donald, très détaillée, ont démontré que les Long en Écosses existaient mias ils sont beaucoup moins nombreux que les Long en Engleterre. Méme conclusion pour l’Irelande. (https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Coats_of_arms_of_families_of_Scotland)

Armoiries allemande

Donald Long présentent des armoiries pour les Lange en Allemagne. Cliquez ici pour lire sa documentation.

Le nom de famille allemand Lang, souvent d’origine saxonne et surnom donné à une personne de grande taille, possède plusieurs blasons, l’héraldique allemande autorisant les armoiries des nobles et des bourgeois. Des variations régionales existent, avec des blasons spécifiques à la famille « Lang » ou « Lange » documentés dans les archives héraldiques. (Wappenrolle) (13, www.armsandbadges.com)


Quel était le vrai surnom de Philip?

Les signatures de Philip Long confirment le nom qu’il a porté après sa carrière militaire

Philip Long lui-même a signé « Long » à plusieurs reprises. Par contre, nous avons maintenant des raisons de croire qu’il pourrait s’agir d’une modification d’un nom « d’origine » plus ancien, tel que Lang, Lange ou même Laing, selon la perspective des différents recherchistes.

Il n’était pas rare que les immigrants changent leur nom de famille à leur arrivée en Nouvelle-Angleterre (pour l’angliciser) ou au Canada (pour le rendre moins anglais), ou même, dans le cas de Philip Long II, d’utiliser la version « Laing » pour une tout autre raison (et qui demeure un mystère)! D’après las baptistères des enfants de Philip Long et les autres descendants, les curés ont surement aussi modifiés le nom Long à plusieurs reprises, parfois Lang, parfois Lent, parfois Laing.

Voici les exemples connues de la signature de Philip Long:

Nom de Philip Long sur un mémorial signés par le Régiment du colonel Edmund Fanning (1784); ce n’est pas sa signature car son nom est normalement épellé avec un seul « l »

Nom de Philip Long (surement pas sa signature) sur un mémorial pour le capitaine Attwood et sa demande pour une île à Woodstock (1785)

Signature sur le certificat de marriage avec Marie-Julie Couillard-Després (1792)

Signature sur un contract avec Nadeau (1798). Le « P » prend des ampleurs et est plus élaboré qu’en 1792.

« Philippe Lent journalier » Pas une signature mais une interprétation par un curé de son nom et son occupation. Baptême Jean-Baptiste Long (1800)

Signature sur un contrat avec Legranges (1801)

Signature sur l’acte de baptême de Edouard Long (1803)

Signature sur un contrat avec Pinet (1804). Le « P » prend sa forme finale et est plus élaboré.

Signature sur une lettre de Philip Long à Lord Drummond (1815)

Signature sur le certificat de marriage de Jean-Baptiste Long et Marguerite Émond (1822). Philip Long est très agé et sa signature en soufre, inversant les second « p » et le « i »

Ce n’est pas la signature de Philip Long mais cette note dans le Journal des Missions sur la visite de Mgr Plessis eu des conséquences majeure pour les descendants de Philp. tous ont lu et vu le nom Lang plutôt que Long… il est possible de lire attentivement les « a » et les « o » dans le texte général, et de voir que c’est plutôt un « o » qu’un « a » – si c’est le cas, une grosse difficulté historique est plus facilement résolue! Pour ce qui est de John, le fils de Philip était canotier pour son père et aurait être confondu pendant la rédaction des notes avec Philip. Les conséquences : le Père Thomas Albert se sert des notes de Prudent Mercure pour écrire son tôme, et toutes les générations de Long et Lang devront vivre et même croire à cette note qui pourraient être une erreure anodine mais lourde conséquences.

Remarques importantes. La signature de Philip entre 1792-1822 demeure consistente avec un seul « l » et clairement avec un « o » dans le surnom Long.

Cela m’apparait aussi clair que notre ancêtre avait des difficultés a signé son nom mais qu’il a réussi a garder cette signature assez consistente au fil des ans. Par contre, ces signatures montrent bien, à mon avis, qu’il a vieilli entre ces dates. Sa dernière signature renverse le « p » et le « i » à la fin, un signe probable d’un âge avancé. Assez avancez pour supporter l’hypothèse qu’il avait quatres-vingts ans (80) en 1822? Personnellement, je crois que c’est le cas mais je suis bien sûr dans la minorité, mais je continue de croire aux documents plutôt qu’aux désirs de trouver une solution en posant en qualifiant le texte d’erreure par le curé. Note – s.v.p. lire la section sur l’âge de Philip et l’analyse et le sommaire présenté.

Les documents seront déterminants pour répondre aux questions fondamentales des origines de Philip. En 2026, le scénario le plus probable est le suivant :

  1. Les ancêtres de Philip Long ont probablement porté le nom de Long ou Lang; Lang si ils sont considéré allemand de 1ère ou 2ième génération; Long si ils sont d’Angleterre ou d’Écosse.
  2. Sans un acte de naissance, de baptême ou de mariage des parents de Philip, il sera toujours difficile d’avancer un seul scénario ; veuillez consulter le travail de Donald Long pour plus de détails.
  3. Philip a porté le nom de Long durant sa vie, et ce, à partir de 1781, année où il est enregistré sous ce nom dans les feuilles d’appel du régiment West Florida Royal Foresters (WFRF), ainsi que sur celles de la compagnie du capitaine Attwood dans le King’s American Regiment. Si l’on se fie à ses propres signatures, il a toujours signé « Long », sa première signature confirmée remontant à son mariage en 1792.
  4. Par la suite, deux phénomènes ont pu se produire :
    • Les descendants de Philip ont soit changé le nom eux-mêmes (ex. : Lang, Laing), soit celui-ci a été modifié par les prêtres lors des baptêmes pour s’adapter aux normes culturelles locales (par exemple, en adoptant une consonance plus française) ou parce que les gens prononcaiet le nom Lang plutot que Long, et les pretres ont simplement reproduit comme il le pouvait ce qu’ils entendaient. Cela explique pourquoi Long est parfois devenu Lang, parfois Lent, parfois Land!
    • Philip et/ou ses parents ont changé leur nom de famille (ex. : de Lang/Lange à Long) pour s’intégrer à la culture de la Nouvelle-Angleterre (s’il est né sur le continent) ou lors de leur arrivée comme immigrants en Amérique.

Le travail substantiel de Donald Long explore tous ces scénarios ; il est recommandé de consulter ses recherches directement sur son site.


Quelles étaient les origines ethniques de Philip Long? Écossais, Anglais ou Allemand?

La tradition orale

Les origines de Philip Long demeure un mystère. Seuls des témoignages oraux et quelques conjectures sont disponibles concernant les origines de nos ancêtres. Nous sommes redevables à Mgr Ernest Lang pour sa description des récits oraux relatifs aux origines de Philip Long. L’avenir nous dira quand des conclusions et des preuves définitives pourront être découvertes.

Il est clair qu’en 2026, un sommaire de milliers d’heures consacrées par les chercheurs n’ont pas encore permis:

(1) de fournir des preuves documentaires corroborant les récits oraux transmis par Mgr. Lang;

(2) cette tradition orale présente des lacunes et doit donc être considérée aujourd’hui comme suspecte, peu fiable et comme dans la plupart des familles, un mélange de vérités et de légendes; enfin,

(3) un sage a dit un jour qu’il fallait aborder l’histoire orale avec prudence car, dans le brouillard des décennies et des siècles, peuvent se cacher pépites d’or ensevelies dans les mythes et les récits transmis de génération en génération.

Notre démarche doit commencer par une analyse et une évaluation des sources actuelles – orales et documentaires. Aussi difficile que soit l’objectivité, c’est notre seule voie et la vérité notre seule motivation. Notre recherche doit améliorer nos connaissances de notre histoire, et nous aider à découvrir les racines de nos ancêtres communs.

L’objectif premier de notre analyse et ce site est de présenter toutes les hypothèses et les synthèses sut TOUT ce qui connu de la vie de Philip Long. Lorsque nous émettons des hypothèses plutôt que d’analyser, nous le déclarerons ouvertement.

Notre point de départ est le livre de Mgr. Ernest Lang (1899-1989), Mon ancêtre Philip Long.

Basée principalement sur ses travaux, notre histoire familiale orale collective peut se résumer aux points essentiels suivants :

  • Il était probablement d’origine écossaise.
  • Il était protestant et de dénomination probablement presbytérienne.
  • Il a émigré dans les colonies américaines de Nouvelle-Angleterre, plus précisément en Pennsylvanie.
  • Il a vécu à Philadelphie, Pennsylvanie.
  • Il a accompli son acte d’héroïsme en 1775 lors de la Révolution américaine à l’âge de 18 ans;
  • Il est probablement né en 1757 ce qui est représenté sur un nouvel épitaphe que Mgr. Lang a fait installé dans le cimetière de Ste-Luce, Maine (avec son épouse, Marie-Julie couillard-Després).

Ce résumé a été écrit par Benoît Long basé sur les textes de Mgr Lang. Des notes et des entrevues dans le passé par Ghislain Long nous servent aussi de guide dans nos interprétations, ainsi que les travaux de Gilles Long et Donald Long dans sa revue exhaustive, Origines, et son site web. L’ouvrage de Mgr. Lang a longtemps été considéré comme la meilleure source d’information sur les origines de notre ancêtre commun.

Les éléments du sommaire donne un plan logique pour reprendre chaque élé ment en en tiré les meilleures hypothèses et recherches documentaires possible.

Tradition orale

  • Premièrement, le corpus de traditions orales s’est constitué au fil des ans et il demeure difficile de démêler le vrai du fabuleux.
  • Deuxièmement, une grande partie de notre histoire orale collective nous a été transmise par un pionnier de notre famille, Mgr Ernest Lang. Toute tentative d’évaluation des « faits » pourrait nécessairement remettre en question certaines des « preuves » avancées par celui-ci.
  • Grâce à des informations importantes et récemment découvertes, il est désormais plus facile de procéder à ces évaluations historiques – avec le recul, tout devient plus clair. Nous le ferons avec bienveillance, dans le but de nous rapprocher de la vérité — un effort certes toujours inachevé, même avec d’importantes sources primaires à notre disposition.
  • Troisièmement, la recherche de la vérité exige un certain scepticisme afin de tester les hypothèses et d’élaborer, à partir de chaque bribe de fait, de croyance ou de conjecture, les scénarios les plus probables concernant la vie mystérieuse de notre ancêtre. Ce n’est qu’avec des hypothèses solides que les chercheurs peuvent espérer découvrir des informations factuelles supplémentaires sur ses origines. Cliquez sur « Histoire orale » pour accéder à une page détaillée sur les questions clés soulevées et les « réponses » apportées concernant l’histoire de Philip Long.

Était-il d’origine écossaise ?

Le texte de Mgr Lang mentionne que Philip était considéré comme d’origine écossaise, sans pour autant être nécessairement né en Écosse. Ce point constitue, selon nous, l’élément le plus récurrent et le plus communément admis de notre histoire orale. Ces deux informations sont liées, mais n’impliquent pas qu’il soit à la fois d’ethnie écossaise et natif d’Écosse. Être Écossais signifie avoir des parents (ou du moins un père) originaires d’Écosse, mais Philip aurait pu naître ailleurs — en Angleterre, en Irlande ou dans les colonies américaines — au sein de cette vaste diaspora.

Donald Long a effectué un examen exhaustif des origines ethniques des « Scots-Irish ». Nous renvoyons le lecteur à son document intitulé Origines pour obtenir des détails sur la composition de ces populations en Europe et en Amérique au XVIIIe siècle. Ce travail inclut une évaluation impressionnante des bases de données de naissances, de baptêmes et des listes de passagers consultées pour retrouver la trace de l’insaisissable Philip Long.

Il est fascinant de constater que notre famille reste fermement convaincue de ses racines écossaises alors que, dès la deuxième génération, la langue principale de la grande majorité des descendants était le français, sous l’influence indéniable de la lignée maternelle. Certains croient déceler des traits physiques typiques, comme les cheveux roux ou le teint, pour appuyer cette ascendance.

Toutefois, je suis d’avis que ces traits ne sont pas systématiquement transmis et qu’on les retrouve surtout chez les descendants de Joseph Long, probablement parce qu’il a épousé une Écossaise, Annie Douglass. Nous restons attentifs aux recherches génétiques menées par Gilles et Donald Long. En 2026, les conclusions scientifiques penchent vers des ancêtres germaniques, bien que cela n’exclue pas un passage de la lignée par l’Écosse ou l’Angleterre. Cette analyse repose sur des ancêtres communs remontant au XVIIe siècle, soit environ quatre générations avant la naissance de Philip.

Il n’existe aucune preuve directe ni source primaire pour étayer la tradition orale de nos origines écossaises. À notre avis, des arguments solides peuvent même être avancés contre l’idée d’une ascendance « purement » écossaise pour Philip. Cela ne remet pas en cause son existence, mais plutôt la précision de ses origines géographiques.

Long n’est pas un patronyme écossais courant ; il ferait figure d’exception s’il s’inscrivait dans une lignée écossaise sur plusieurs générations. D’après les recherches actuelles et les données partagées dans l’ouvrage Origines, une famille Long en Écosse aurait été un cas unique. En réalité, l’identité écossaise est associée depuis des temps immémoriaux au système des clans ; or, il n’existe aucun lien documenté entre les Long et un quelconque clan d’Écosse. Ghislain Long a mené des recherches approfondies à ce sujet, sans pouvoir aller au-delà des témoignages oraux recueillis par Mgr Lang.

Après des investigations exhaustives, Donald a trouvé très peu de traces du nom Long dans les bases de données écossaises. D’autres chercheurs, dont l’auteur de ces lignes, sont arrivés aux mêmes conclusions. Bien entendu, cela n’exclut pas formellement une origine écossaise, mais aucune preuve documentaire ne vient, à ce jour, soutenir cette hypothèse. Gilles Long a d’ailleurs confié que cette ascendance était inconnue dans sa branche (dont faisait partie mon père, Lucien) ; son propre père penchait plutôt pour une origine anglaise. Les échanges de Gilles avec Camille Lang abondent dans le même sens : aucune preuve d’une ascendance écossaise n’a été mise au jour.

Que pouvons-nous déduire du mariage de Philip Long avec Marie-Julie Couillard-Després ?

Philip Long a épousé Marie-Julie dans une église anglicane de Québec. Le certificat de mariage original (reproduit ci-dessous) est riche d’enseignements : il porte la signature de Philip et la marque (un « X ») de son épouse, témoignant de l’illettrisme de cette dernière. L’acte mentionne également le ministre officiant, David-François de Montmollin (d’origine suisse et pasteur de l’Église anglicane), ainsi que deux témoins qui, eux, sont d’origine écossaise.

Contrat de mariage original entre Philip Long et Marie-Julie Couillard-Després 1792 – source : Ghislain Long

Transcription du certificat de mariage

N° 467 Philipp Long, célibataire, de la paroisse de Cape St. Ignace, et Mary Couillard Depré, célibataire, de la paroisse de Lislet, se sont mariés en ce lieu par —licence — ce sixième jour de décembre de l’an mil sept cent quatre-vingt-douze, par moi, David Francis de Montmollin, recteur.
Ce mariage a été célébré entre Philip Long X, et Mary Couillard Deprés, dans la paroisse de David Higginbotham, marchand, Andrew Johnston Couper, Murdoch Mackenzier Cooper.
Exemplaire original de l’acte de mariage entre Philip Long et Marie-Julie Couillard-Després.
Pour plus d’informations sur de Montmollin et David Higgingbotham.

Plusieurs conclusions importantes peuvent être tirées de ce document original.

  • Premièrement, Philippe a signé avec un seul « l » et un seul « p », et son nom de famille est orthographié Long, contrairement à d’autres variantes connues.
  • Deuxièmement, Philippe était originaire du Cap-Saint-Ignace. À l’époque, ce lieu servait de relais pour les maîtres de poste et les calèches sur la route entre Québec et Rivière-du-Loup. Selon Benoît et Gilles Long, l’endroit abritait également un important poste militaire ayant logé des vétérans des guerres précédentes (vétérans royaux).
  • Marie-Julie, pour sa part, ne pouvait pas signer, et Montmollin a orthographié son nom « Deprés » au lieu de « Després ». Ses parents, encore vivants, étaient soit absents lors de la cérémonie, soit n’ont pas signé comme témoins ; nous ne possédons d’ailleurs aucun document portant leur signature.
  • La mention « par licence » est capitale : elle indique que ce mariage mixte a été autorisé en vertu de règles et de dispenses spéciales, Philip étant manifestement protestant et Marie-Julie catholique. Il s’agissait peut-être de l’un des rares lieux ou congrégations susceptibles d’autoriser une telle union. Bien qu’exceptionnel, le mariage mixte était parfois accepté par l’Église catholique, compte tenu de l’époque et de la rareté des églises protestantes.
  • Il convient de noter l’opposition entre anglicans et presbytériens : il existait au moins deux confessions protestantes à Québec à cette époque. Il n’est donc ni anodin ni prévisible qu’un Écossais choisisse une église presbytérienne plutôt qu’une congrégation anglicane (Église d’Angleterre), ces deux branches ne s’entendant généralement pas bien.
  • Ce fait n’invalide pas l’hypothèse des origines écossaises. Tout homme protestant épousant une femme catholique devait soit se convertir, soit faire célébrer la cérémonie dans une église reconnue par l’autorité religieuse pour que le mariage soit « permis ». C’était une exigence de l’époque, qui a persisté longtemps (mon propre mariage était mixte et a requis une autorisation similaire).
  • Enfin, l’identité dur recteur protestant et des témoins est révélatrice. David Francis de Montmollin, recteur, était un suisse français qui était tôt aprés la Conquête, sa langue maternelle lui aidant a géré les relations avec les canadiens-français de l’époque presqu’exclusivement catholique. Pendant un certain temps. une rumeure circula que de Montmollin était le « ministre » qui avait célébré les obsèques du Marquis de Montcalm en 1760. Ce n’est pas le cas – les Ursulines s’occupèrent de ses obsèques et son corps fut enseveli dans la chapelle de l’époque.
  • Higginbotham, un marchand (surnommé l’Indien) aux racines autochtones et écossaises, joue un rôle crucial dans l’histoire de Philip. Il était ancien soldat de la guerre de Sept ans, courier et marchand. Nous réservons plus de détails sur sa vie ailleurs mais ces deux hommes se sont bien connus, et ont travailler ensemble.
  • Les deux autres témoins sont tout aussi importants : ils portent des noms typiquement écossais et sont tonneliers, ce qui les rattache à la classe artisane et commerçante de Québec. Le fait que le marchand Higginbotham ait accepté d’être témoin suggère des liens personnels, sociaux ou commerciaux étroits avec Philip, ce qui renforce l’idée d’un ancrage au sein de la communauté écossaise malgré les complexités d’un mariage célébré hors de l’Église d’Angleterre.

Québec et les protestants

On trouve deux églises protestantes historiques dans le Vieux-Québec : la cathédrale de la Sainte-Trinité, siège du diocèse anglican de Québec, et l’église presbytérienne Saint-Andrew.

La cathédrale de la Sainte-Trinité a été érigée sur l’emplacement de l’ancien monastère des Récollets. Cette église catholique, qui desservait la communauté depuis plus d’un siècle, fut détruite par un incendie en 1796, laissant ainsi le terrain vacant pour la construction de la première cathédrale anglicane bâtie hors des îles Britanniques.

John Mann, qui relate sa rencontre avec Philip Long dans ses Voyages en Amérique du Nord, ne mentionne à aucun moment une origine écossaise. Écossais lui-même, on aurait pu s’attendre à ce que Mann souligne une telle parenté s’il l’avait perçue. Au lieu de cela, il note que Philip maîtrisait un anglais « convenable » (proper ou with propriety), un qualificatif étonnant pour décrire un Écossais du XVIIIe siècle vivant en pleine région sauvage qui fut décrit par Mann comme « an American ». Il le décrit plutôt comme un loyaliste américain ; bien que ce détail soit d’un grand intérêt, il n’éclaire pas davantage l’ethnie ou la religion de Philip. Donald croit que ce détail est capitale, Ghislain le connaissais aussi car il avait une copie du livre.

Une question s’impose : est-il probable que Philip ait parlé un anglais aussi châtié s’il avait possédé l’accent prononcé d’un Écossais natif ? Il est plus plausible que cet accent se soit atténué, soit parce que Philip n’était pas né en Écosse, soit parce qu’il appartenait à une deuxième génération d’immigrants ayant grandi dans le creuset culturel des colonies américaines. Et sil Philip était d’origine allemand, cet allemand aurait surement appris un anglais formel soit dans sa communauté, sa religion ou son éduction. Nous reverrons cette hypothèse plus tard mais c’est clair que le récit de Mann est surprenant and suprement intéressant pour ses descendants.

Au regard de son niveau d’instruction et de son langage, il demeure impossible d’établir avec certitude ses origines. Il serait d’ailleurs intéressant de soumettre sa signature à une analyse paléographique ou graphologique approfondie. Bien que Philip ait côtoyé de nombreux Britanniques et Écossais, rien ne prouve une affiliation préférentielle pour l’un ou l’autre groupe. Si le patronyme Long est rare en Écosse, il est en revanche très répandu en Angleterre (notamment dans le Wiltshire et en Cornouailles) ainsi qu’en Irlande. Sa signature utilise un « P » qui est élaboré et d’ine attention particulière – pourrions-nous faire un lien avec les P écrits à l’époque?

Malgré la ténacité de la tradition orale écossaise, les recherches de Donald, Gilles et les miennes confirment la rareté du nom en Écosse. Donald a toutefois identifié un candidat plausible mais qu’il a rejeté après ses recherches : un Philip Long né en 1742 à Lansallos, en Cornouailles (Cornwall), fils de John et Elizabeth Long. Ce détail est piquant, car il pourrait expliquer pourquoi Philip fut confondu avec un certain « John Lang » lors de la visite pastorale de Mgr Joseph-Octave Plessis. Cette erreur manifeste du secrétaire de l’évêque s’est avérée coûteuse en temps et en efforts de recherche, mais elle semble n’être qu’une méprise administrative. Cependant, nous anticipons ici sur la suite de notre récit. Le candidat allement est aussi nommé Johann Philip Lange et résoudrait lui aussi la note dans les Journal des Missions.

Ghislain Long a entretenu une correspondance abondante avec de nombreuses personnes au sujet de Philip Long. L’une de ces lettres était adressée à Donald Whyte, président du Conseil de la Société de généalogie écossaise, qui avait effectué des recherches pour Ghislain et qui répondit dans l’une de ses lettres :

« Je ne trouve aucune inscription héraldique pour un quelconque Long, et vous devrez prouver que Philip Long est né en Écosse et fournir des documents à la Cour du Lord Lyon, roi d’armes.»

Les Long sont en effet assez exceptionnels en Écosse ! Dans cette même correspondance, Ghislain mentionne le don par Joseph Bouchette au roi Guillaume IV à Brighton en 1832 de sa magnifique carte topographique, dans l’espoir que Whyte puisse savoir ce qu’il était advenu des originaux du célèbre dessin de Long’s Farm. J’aurais aimé que mon frère Ghislain puisse voir les originaux coloré que j’ai pu consulter et reproduire numériquement en 2006 à partir des Archives du Canada, et qui fait parti de la Collection Peter Winkworth..

Donald Whyte a par la suite écrit un ouvrage intitulé A Dictionary of Scottish Emigrants to Canada Before Confederation, dans lequel figure une notice concernant Philip Long. Cette notice se lit comme suit :

« 4713 Philip Long À Que <1792 . Fermier. DC 2 mai 1980 »

Cette notice est issue d’une correspondance entre Ghislain Long et Donald Whyte. Il est peu probable que Ghislain ait jamais imaginé que les informations fournies dans sa lettre se retrouveraient un jour publiées sous cette forme dans un livre ! Nous savons que cette notice provient de cet échange car (a) les lettres existent toujours et (b) Whyte fait référence à l’abréviation « DC », qui signifie « Dictionary Correspondence : Letters to the Author regarding emigrants to Canada contained in 9 lever-arch files ».

Dans l’excellent ouvrage de Margaret Stuart, Scottish Family History: A Guide to Works of Reference on the History and Genealogy of Scottish Families, nous n’avons trouvé aucune trace d’une famille Long en Écosse. Cependant, George F. Black, PhD, dans The Surnames of Scotland: Their Origins, Meaning and History [iv], mentionne notre nom de famille :

LONG. Nom de famille descriptif lié au statut ou à la physionomie de son premier porteur. Johannes Longus est témoin d’une donation à l’hôpital de Soltre vers 1180-1214 (Soltre, p. 5) ; il s’agit sans doute du même Johannes Longus qui fut témoin de la donation de Gillemoristun par Richard de Morevil vers 1189 (REG., p. 39), ainsi que d’une charte d’Euerard de Pencathlan à Kelso vers 1180 (Kelso, p. 370). William Longus possédait des terres près de Lynthonrothrik vers 1200 (RHM., I, 3). Adam Long apparaît dans le Dumfriesshire vers 1259 (Bain, I, 2176 ; APS., I, p. 88). Gregory le Long était bourgeois de Dundee en 1268 (Balmerinoch, p. 25). Vers 1350, William Long fut témoin de la confirmation du rattachement de Snawdoun à Dryburgh (Dryburgh, 232).

Dans le Dictionary of English and Welsh Surnames with Special American Instances, de Charles Wareing Bardsley, M.A.,[v] on trouve l’entrée suivante :

Long. – Surnom « le Long », en raison de la stature du premier porteur ; cf. Longfellow et Longman ; cf. également Short, etc.

Henry le Longe, co. Bucks, 1273. A.

John le Longe, comté de Hunts, ibid.

Walter le Longe, comté de Salop., ibid.

Johanna Long, 1379 : P.T. Yorks., p.130

1536-7. Thomas Bolton et Mary Long : Licence de mariage (Londres), i. 9.

Londres, 75 ; New York, 124.

On trouve également, d’après le révérend Henry Barber, docteur en médecine, membre de la Society of America, British Family Names, Their Origin and Meaning with Lists of Scandinavian, Frisian, Anglo-Saxon and Norman Names :

Long. N.-Fr. (Normand français). De Longa, De Longues ; p.n. Voir aussi Prot. ref., Longon 1621, dans Rot. Hund.

Enfin, dans le Dictionnaire des émigrants écossais aux États-Unis, compilé et édité par Donald Whyte, F.S.A. Scot., L.H.G., on trouve l’entrée suivante :

Long, Henry. De Galloway, Wigtonshire. À New York sur Gale, en provenance de Stranraer, le 16 mai 1774. Ouvrier. (T. 47/12).

Ces quelques exemples de personnes nommées Long en Écosse sont extrêmement rares. Comme Donald et moi-même l’avons supposé, il est possible que notre ancêtre soit en réalité originaire de Grande-Bretagne, mais que l’ascendance écossaise soit devenue une forme d’identité anglophone plus « acceptable » pour des descendants d’origine française. Ghislain croyait dans cette même interprétation.

Nous invitons le lecteur à consulter l’analyse de Donald sur l’immigration scotto-irlandaise (Scots-Irish) durant la période étudiée. Il s’agit d’une étude exhaustive et fort instructive sur le sujet. Malheureusement, nos recherches collectives pour identifier précisément les origines de notre ancêtre demeurent, à ce jour, infructueuses.

À ce stade, force est de constater que les origines écossaises de Philip ne peuvent être établies avec certitude ni de manière concluante. En réalité, des arguments de poids peuvent être avancés pour contester cette part de la tradition orale. Seuls le temps et des recherches complémentaires permettront de déterminer la validité de ces hypothèses.

Était-il protestant presbytérien ou anglican?

Il ne fait aucun doute que les documents attestent le protestantisme de Philip Long. Il s’agit là, à notre connaissance, du seul fait incontestable le concernant qui soit à la fois ancré dans notre histoire orale et confirmé par un document officiel.

Gilles Long cite d’ailleurs cette pièce dans son ouvrage De Québec jusqu’à Clair. Ce recensement, ordonné par Mgr Plessis, mentionne un certain « Phili Loan » — identifié par nos analyses comme étant notre ancêtre — enregistré comme « protestant » [voir la section Bas-Canada avant le portage]. Nous ne pouvons spéculer, à ce stade, sur une éventuelle conversion au catholicisme avant son décès en 1832.

Qu’il soit d’origine écossaise ou britannique, son mariage dans une église anglicane avec une catholique confirme presque assurément son appartenance au protestantisme. Toutefois, sa dénomination exacte au sein de la Réforme reste sujette à débat.

Gilles Long relève dans son ouvrage plusieurs mentions qualifiant le mariage de Philip et Marie-Julie de « légitime », ce qui indique que l’union avait été reconnue par l’Église catholique. Rien ne prouve que Philip se soit converti de son vivant. Il fut néanmoins inhumé dans le seul lieu de sépulture alors disponible près de Clair : le cimetière de la mission de Sainte-Luce, de confession catholique. [Note : Mgr Lang fut le premier à identifier l’emplacement exact de la sépulture de Philip et Marie-Julie à Sainte-Luce.]

On sait que des accords ou des tolérances existaient entre les autorités anglicanes et l’Église catholique pour autoriser les mariages mixtes, comme celui célébré à la cathédrale de la Sainte-Trinité. Les liens liturgiques entre ces deux Églises étaient alors plus étroits qu’avec d’autres confessions dissidentes, l’anglicanisme revendiquant, tout comme Rome, la succession apostolique. Des recherches complémentaires permettraient de déterminer si de tels mariages étaient fréquents à la cathédrale à cette époque et si ces dispenses étaient réservées aux seuls anglicans ou ouvertes à l’ensemble des protestants.

Le lecteur se demandera peut-être pourquoi cette question est si cruciale. En réalité, si Philip était anglican (et non luthérien ou adepte d’une autre branche du protestantisme), il est difficile d’imaginer qu’il ne fût pas d’origine anglaise. L’Église d’Angleterre était aux Anglais ce que l’Église presbytérienne était aux Écossais : leur Église nationale. À cette époque, les échanges entre ces confessions étaient rares, et les clivages sociaux, teintés d’ethnocentrisme, étaient monnaie courante. Donald Long, dans son ouvrage Origines, avance d’ailleurs un argument convaincant : le loyalisme et la religion étaient alors intimement liés.

Par ailleurs, les relations entre anglicans et presbytériens n’ont jamais été particulièrement cordiales. Cette tension était palpable dans l’Amérique coloniale, notamment en Pennsylvanie :

« Les six comtés [d’Irlande du Nord], largement vidés de leurs populations autochtones et peuplés de protestants anglo-écossais un siècle plus tôt, ainsi que les deux comtés septentrionaux d’Antrim et de Down, déjà majoritairement écossais, commencèrent à s’agiter. L’establishment anglican, qui excluait les presbytériens de la pleine citoyenneté, constituait un grief majeur, d’autant plus que le presbytérianisme était la religion officielle de leur patrie écossaise. »

Ainsi, les conclusions de Mgr Lang reposent sur une déduction : Philip était probablement presbytérien parce qu’il était d’origine écossaise. Il écrit d’ailleurs (page 14) : « d’après les informations les plus plausibles, il est né en Écosse, de parents protestants, vers 1757 » [traduction libre].

Cependant, à la page 18, nous apprenons que si certains le croient né en Écosse, d’autres soutiennent qu’il a vu le jour à Philadelphie. Ce même passage révèle le fondement de la thèse de Mgr Lang :

« Nous savons avec certitude qu’il était protestant, probablement presbytérien, comme la plupart des Écossais de son époque. »

Comme beaucoup d’entre nous, Mgr Lang souhaitait ardemment compléter le récit de cet ancêtre, mais déduire une confession religieuse à partir d’une simple présomption d’origine ethnique ne saurait constituer une preuve historique.

Et si Philippe Lange était notre ancêtre? Sa religion était protestante et connu sous le nom de « évangeliste » (rien à voir avec cette dénomination nombreuses aux États-Unis). Les Hessois étaient loyaux à leur Prince mais aussi à la famille qui siègaeait maintenant sur le thrône d’Angleterre – le roi Georges I, II et III étaient tous de la famille et lignée Saxe-Cobourg, et restaient fidèles à l’Angletrerre comme leur nouvelle patrie et l’Allemagne comme leur patrie ancestrale. Je ne crois pas que nous pouvons aujourd’hui tiré des conclusions fermes sur les origines de Philip Long basé exclusivement sur sa dénomination proteste.

En définitive, nous devons nous en tenir au seul fait avéré concernant Philip : il était protestant, de confession presbytérienne ou anglicane même d’une dénomination allemande. Nous invitons le lecteur à forger leur propre opinion à la lumière de ces passages, ainsi que des sections pertinentes des ouvrages de Donald Long (Origins) et de Gilles Long consacrées à notre ancêtre.


Où est-t-il né?

A-t-il émigré avec ses parents vers les colonies américaines et la Nouvelle-Angleterre ?

L’ouvrage Origines de Donald Long explore cette question en profondeur ; nous suggérons au lecteur de s’y référer comme point de départ. Mes propres recherches, menées au fil des ans pour identifier des sources attestant de la traversée transatlantique de Philip, sont demeurées vaines. Dans ce contexte, il est difficile de contester la tradition orale ou de proposer des alternatives, puisqu’il est actuellement impossible de confirmer ou d’infirmer ces informations.

Le candidat allemand de Donald Long rencontre le critère d’avoir traversé l’Atlantique mais comme soldat plutôt que comme immigrant (avec ou sans ses parents). L’absence totale jusqu’à aujourd’hui d’un acte de naissance ou de baptistère en Amérique du nord depuis 1742 nous laissent croire que cette absence représente un point fort pour une arrivée aux États-Unis sans avoir passé par les méchanismes d’immigration régulière. Mais cette possibilité effacerait probablement toute la tradition orale de Philadelphie et de la Pennsylvanie.

Quant aux pistes de rechange, la carrière militaire de Philip Long peux nous permette de jauger la validité de nos hypothèses. Cet élément — détaillé plus loin dans cet ouvrage — est l’enrôlement de notre ancêtre, soit dans les West Florida Royal Foresters en 1780-1781, soit dans le King’s American Regiment durant l’été ou l’automne 1782. Comment un émigrant européen, arrivé entre sa naissance et probablement 1775 ou même avant, aurait-il pu se retrouver à Pensacola, en Floride-Occidentale britannique, ou à Savannah, en Géorgie ? C’est l’objet de nos recherches incessantes : établir un lien entre ces données historiques apparemment décousues. Nos études approfondies sur la carrière militaire de Philipp Lange et Philip Long peuvent être lu dans la section Carrière Militaire.

Le candidat allemand Philip Lange de Donald Long pourrait aussi répondre effectivement à la question. Selon Donald Long et nos propres recherches confirmant ces explorations:

  • Philip Lange serait né en Allemagne, dans le village de Wirminghausen en 1753 (selon le rapport du généalogiste allemand, le Dr. Thomas Heldt);
  • Natif d’Allemagne, il aurait traversé l’Atlantique avec le régiment 3ième Waldeck en août 1776;
  • Ensuite, il a changé son nom à Philip Long (angliciser comme bien d’autres immigrants) après sa désertion (« départ ») du Régiment Waldeck, pour ensuite s’enrôlé avec le Regiment du West Florida Royal Forresters (WFRF);
  • Aprés la défaite et reddition à Pensacola en mai 1781, il se retrouve, soit à dos de cheval jusqu’à Savannah, ou soit par bateau premièrement à New York, ou plutôt Charlestown dans la Caroline du sud, où il s’enrôle dans la troupe du Capitaine Attwood et le Kings American Regiment qui est confirmé à Savannah à l’automne 1781 (octobre – décembre).
  • Et voilà – plus besoin de s’inquiéter sur les questions d’immigration par Philiadelphie, des parents perdus en Pennsylvanie, ou du manquent de documents de naissances ou autres … tout cela est expliqués par le fait qu’il soit arrivé comme soldat directement, d’un port allemand à un port américain.

Puisque l’identité de Philip Lange n’est pas établie avec certitude, il faut continuer nos recherches et cette section va reprendre certaines de ces recherches pour trouver Philip Long, l’ancêtre parmi les immigrants aux États-Unis vers les années 1741-1752.

Au fil des ans, les chercheurs ont dépouillé de nombreuses listes de passagers ; voici celle obtenues par Ghislain Long, recensant les candidats potentiels pour Philip ou des frères et sœurs potentiels.

Donald Long a complété une liste très complète de ces arrivants Long ou Lang venus d’Europe, et vous pouvez la trouvez sur son blog.

De nombreuses sources ont été consultées pour repérer le patronyme Long en Pennsylvanie.

La Pennsylvanie constitue de loin la piste la plus sérieuse pour les chercheurs souhaitant retrouver notre ancêtre, si l’on se fie à la tradition orale. Malgré les nombreuses incertitudes entourant la validité de ces témoignages, cet axe demeure le plus prometteur à ce jour et doit rester une priorité de recherche. Malheureusement, même les dates issues de la tradition orale ne nous sont que d’un faible secours dans cette quête, comme nous le verrons dans la section suivante.

À ce stade, il est impossible d’écarter certains candidats tant que nous n’aurons pas établi avec plus de précision l’année de naissance probable de Philip Long. Ce point fera d’ailleurs l’objet d’une analyse détaillée dans l’une des sections à venir.


Est-il né à Philadelphie ou y a-t-il seulement vécu ?

Le lecteur le comprendra sans doute, le principal défi de la tradition orale réside dans son imprécision. Mgr Lang présente deux avenues, les laissant, en substance, aussi plausibles l’une que l’autre. Je sais que mon frère Ghislain a commencer ses recherches sur la base de la tradition orale telle que racontée par Mgr. Lang. Faute de preuves, il a ensuite exploré d’autres pistes, situant sa naissance à New York, en Virginie, en Caroline du Nord et, finalement, en Géorgie. Un homme ne saurait avoir autant de vies, fût-il un « fantôme » généalogique.

La ville de Philadelphie a toujours bénéficié chez certains d’un fort a priori favorable au sein de la famille comme lieu de naissance probable. Pourtant, aucune mention de cette ville n’apparaît dans la correspondance adressée aux Archives nationales entre 1930 et 1975 ; il est donc difficile de déterminer à quel moment cette hypothèse a été privilégiée pour documenter les origines de Philip. Je crois que Mgr Lang est celui qui a médité le plus sur cette question et qui l’a mis au jour dans son livre biographique.

Un élément important en faveure de Philadelphie est bien sûr que ce port était le plus achalandé en Amérique du nord pendant cette période, et la grande majorité des immigrants en Pennsylvanie auraient transigés par ce port.

Nous savons — et Donald Long et Gilles Long ont fournis de nombreuses recherches à ce sujet — que le patronyme Long est très répandu en Pennsylvanie. Malheureusement, la grande majorité des Long ou Lang de cet État sont d’origine allemande ou palatine. Or, avant le candidat Phillipp Lange, et les nouvelles récentes avec les résultats des tests génétiques montrant une ascendance germanique probable de Philip Long, cette description n’avait jamais été associé à notre ancêtre.

Bien sûr, si l’origine écossaise ou anglaise est mise en doute, l’hypothèse allemande pourrait être envisagée. Il est toutefois rassurant de noter, d’après Origines, que les Scotto-Irlandais (Scots-Irish) (ou Irlandais d’origine écossaise), étaient également présents en grand nombre en Pennsylvanie, nous offrant ainsi un cadre de référence plus cohérent avec la tradition.

Confirmer que Philip a vu le jour ou vécu à Philadelphie représenterait un succès majeur. En tant que centre urbain délimité de l’Amérique coloniale, Philadelphie permettrait une recherche beaucoup plus ciblée que l’ensemble de la Pennsylvanie. En restreignant notre champ d’investigation aux dates clés, nous pourrons affiner davantage nos résultats.


Quand est-il né?

A-t-il accompli son acte de bravoure à l’âge de 18 ans ?

Selon Mgr Lang dans son livre Mon Ancêtre Philip Long, les informations sur les origines de Philip Long peuvent être résumées comme suit :

«Pour situer aussi exactement que possible, dans son temps, l’homme remarquable que fut Philip Long, il importe de dire tout de suite que d’après les renseignements les plus plausibles, il serait né en Écosse, de parents protestants, vers l’année 1757. Dans son jeune âge il aurait émigré dans les États de la Nouvelle-Angleterre, demeurant à Philadelphie.

Selon la tradition orale, seule source de renseignements à ce sujet, Philip avait dix-huit ans lorsqu’il a accompli un acte de bravoure sensationnel, un acte d’héroïsme. Mais il n’y pas de source documentaires pour le choix de la date de 1775 ou pour l’accomplissement de cet acte de bravoure. Cette date apparait dans une lettre de Philip Long à son supérieur en 1816 mais il ne réfèrent pas explicitement à un acte de bravoure mais plutôt à un acte de loyauté, d’endurance même envers My King and my country.

Cette section du livre de Mgr Lang nous montre, comme nous l’avons souligné dans les sections précédentes, que l’histoire orale peut présenter des difficultés et moins de réponses lorsqu’il s’agit de retracer les origines de ses ancêtres.

Le mélange de faits avérés (par exemple, une ascendance écossaise) et de faits potentiellement déduits (par exemple, « presbytérien protestant » plutôt que « protestant ») soulève des interrogations quant à la crédibilité du récit ; il s’agit toutefois d’histoire orale et elle doit être considérée comme telle. Utile et inspirante, mais problement étofée de légendes familiales comme bien d’autres.

Mgr. Lang indique que jeune homme, Philip aurait émigré vers les colonies américaines, dans la région de la Nouvelle-Angleterre, et aurait vécu à Philadelphie. Le terme « jeune homme » n’est jamais défini dans l’ouvrage de Mgr Lang. L’ouvrage de Mgr. Lang, ainsi que mes propres souvenirs de conversations avec Rosario Lang ou Ghislain Long, n’ont jamais restreint la notion de « jeune » à un âge précis ; par conséquent, Philip aurait pu avoir n’importe quel âge inférieur à 18 ans et être considéré comme un jeune. En revanche, à la lumière des recherches dont nous disposons désormais, il apparaît que cet acte de bravoure est très certainement survenu à un âge plus avancé.

Quant à l’acte de bravoure et d’héroïsme accompli par Philip, nous connaissons cet acte grâce au recensement de Deane et Kavanagh, et qui la base du fameux livre du Pêre Thomas Albert, Histoire du Madawaska, mais la date de cet acte demeure incertaine.


La tradition orale avance une date de naissance potentielle pour Philip Long

L’année de sa naissance — 1757 — est manifestement une déduction et non un fait établi par la tradition orale. Après une lecture attentive de l’ouvrage de Mgr Lang, il apparaît clairement qu’il s’agit du résultat d’un calcul : la soustraction de l’âge de Philip (18 ans) à la date où il aurait commencé sa participation à la Révolution américaine, soit 1775.

À notre humble avis, la date de 1775 peut être interprétée d’une autre façon. Mgr Lang a raison de souligner que Philip Long mentionne cette année dans sa lettre au gouverneur Drummond en 1816. Toutefois, le texte de cette missive est explicite : Philip y fait référence comme au début de ses « épreuves et tribulations » en tant que loyaliste, sans mentionner son acte d’héroïsme, ni même le début d’un service militaire formel au nom de la Couronne cette année-là. Cet acte a donc pu être commis en 1775 ou ultérieurement, par exemple lors de son enrôlement entre 1780 et 1781. Bien qu’il soit impossible de trancher, nous ne pouvons affirmer avec certitude que 1775 soit l’année de son exploit, même s’il est peu probable qu’il ait eu lieu avant cette date.

Les écrits de Mgr Lang reposent principalement sur la tradition orale concernant l’acte de bravoure de Philip à l’âge de 18 ans. Il convient de respecter cette information, car aucun élément connu ne la contredit formellement. Toutefois, des difficultés surgissent lorsqu’on tente de concilier cette tradition avec les documents d’archives pour établir la crédibilité de ce point précis. Nous consacrerons les pages suivantes à l’étude de ce récit.

Notre point de départ est la description de l’acte de bravoure de Philip. Nous la reproduisons d’abord dans sa version originale, suivie d’une traduction libre. Voici le récit de Mgr Lang sur cet épisode charnière de la vie de notre ancêtre :

« Du côté des Loyalistes, Philip Long, jeune homme fort, robuste, âgé de dix-huit ans seulement, connu pour sa bravoure, son audace même, offrit ses services pour la fonction d’éclaireur.  Il fut alors envoyé dans le secteur le plus dangereux, le plus surveillé par les sentinelles ennemies, afin d’y recueillir des informations précieuses pour les siens.

Parti donc à l’aventure pour accomplir sa mission délicate et ultra dangereuse, le jeune « éclaireur » tomba à l’improviste sur un groupe d’émissaires ennemis, composé de soldats patriotes et d’indiens (sauvages) au pied agile, transportant un précieux colis (sac de malle) contenant des ordres secrets militaires envoyés à leurs armées en campagne.

Vif comme l’éclair, le jeune éclaireur Philip, que les soldats ennemis avaient pris pour un coureur des bois ordinaire saisit le précieux « sac de malle », sous les yeux ébahis et stupéfiés des gardiens, et s’enfuit avec la rapidité du chevreuil affolé, dans la forêt épaisse de ces temps-là.

Il va sans dire que les Indiens au regard perçant, et au pied agiles, ainsi que les soldats de garde ainsi mystifiés, saisis de fureur à la vue de ce qui venait de se passer sous leurs yeux, se lancent à la poursuite du rapide éclaireur de l’armée ennemie. Divisés en plusieurs escadrons, les pourchasseurs prennent chacun une direction différente, bien déterminés à capturer le téméraire ravisseur.

Mais dès le début de la fuite dans la forêt, notre héros avait déjà pris une avancée remarquable sur les ardents poursuivants, et était hors d’atteinte immédiate. Il erra dans la forêt dense pendant trois jours et trois nuits, sans nourriture autre que des petits fruits sauvages, escaladant montagnes et collines abruptes, traversant ruisseaux torrentueux et rivières, sans se lasser, pour échapper définitivement à la meute lancée à sa poursuite, et bien déterminé à le capturer.

Malgré un épuisement total, notre héros de dix-huit ans, avec la joie sereine du triomphateur, livra son précieux colis de dépêches, documents ultra secrets, à ses chefs militaires, leur procurant d’inappréciables avantages.

Pour un coup d’audace, de bravoure, digne des exploits des commandos de nos jours, c’en était un de taille.”  [xii]

Ce récit regorge de détails pittoresques et palpitants qui captivent l’imagination. S’agissant d’une tradition familiale, un chercheur objectif pourrait être tenté d’en rejeter une grande partie, n’y voyant que le zèle de descendants désireux de glorifier leur aïeul. Personnellement, j’apprécie le ton et la richesse de ce texte : coloré et divertissant, il témoigne d’un profond respect pour la mémoire orale. Bien que certains aspects soient probablement romancés, nous savons aujourd’hui que ce récit repose sur une part de vérité non négligeable.

Le cœur de cet exploit réside dans l’interception d’un important pli de courrier destiné aux Patriotes américains et son transport vers le camp britannique afin de leur assurer un avantage militaire. Une preuve documentaire de cet acte figure d’ailleurs dans le rapport Dean et Kavanagh de 1831. S’appuyant vraisemblablement sur des témoignages contemporains de Philip Long, ces auteurs ont consigné le passage crucial suivant :

« La propriété de North Bank appartient à Philip Long, qui aurait fui vers les Britanniques avec du courrier américain pendant la Révolution et qui, depuis lors, a été employé jusqu’à il y a quelques années, à transporter le courrier anglais de Fredericton à Québec. Il a commencé à s’y installer en 1828 et y réside toujours. » [xiii]

Quel passage extraordinaire ! Comme nous aimerions disposer d’un récit de première main, relatant cette histoire telle qu’elle fut vécue par le héros lui-même !

Pour illustrer l’importance d’un tel acte, citons William Smith dans son ouvrage Histoire du service postal en Amérique du Nord britannique :

« De 1779 à 1782, neuf paquebots stationnés dans les différents comptoirs d’Amérique du Nord furent capturés, et sept furent plus ou moins gravement endommagés. On peut se faire une idée de l’ampleur des dégâts causés au service de paquebots pendant la guerre d’Indépendance en constatant que, sur les cinq navires stationnés à New York en 1777, quatre furent pris et un endommagé. Sur le sixième comptoir indien, quatre furent pris et un endommagé, et sur les trois navires stationnés en Caroline, deux furent pris. L’importance de ces faits et leur influence sur l’issue de la guerre n’ont pas encore reçu l’attention qu’ils méritent.» [xiv]

Mgr Lang a écrit que ce pan de l’histoire orale s’était transmis de génération en génération ; son texte est, sur ce point, sans équivoque. Il s’est appuyé sur un document unique pour étayer cette tradition, affirmant que Philip avait bien dix-huit ans au moment de son exploit.

Dans une lettre adressée au gouverneur Drummond en 1816, Philip Long écrivait :

Figure 2 – Lettre de Philip Long à Sir John Coape, Lord Sherbrooke, Gouverneur général, datée du 4 septembre 1816.

Dans cette missive, Philip exprime avec émotion la détresse de sa situation et de celle de sa famille. Le passage crucial pour notre analyse est celui où il mentionne : « Nombre de personnes respectables savent combien j’ai fait et souffert depuis 1775 pour mon roi et ma patrie… ».

Il s’agit du seul document connu où Philip mentionne une date aussi charnière que 1775. Mgr Lang a interprété cette mention comme le signe que Philip était entré en guerre à ce moment précis. En croisant cette date avec la tradition orale — qui rapporte que Philip avait 18 ans lors de son acte de bravoure — il devint logique de déduire qu’il était né vers 1757. Cette déduction est au cœur de la conviction, partagée par Mgr Lang, selon laquelle Philip serait né cette année-là, à l’exclusion de toute autre.

En l’absence de preuves contraires, il est difficile de rejeter la tradition orale concernant son âge. Cependant, nous estimons que cette version est, à tout le moins, sujette à caution pour les raisons suivantes :

  • L’image de la jeunesse : Plusieurs générations de Long ont pu se convaincre que cet exploit datait de ses 18 ans, car la vigueur physique décrite par Mgr Lang semble indissociable de la jeunesse.
  • Les règlements militaires : L’âge légal d’enrôlement était fixé à 18 ans, même si nous savons aujourd’hui que des recrues plus jeunes ont servi durant le conflit.
  • Les conventions sociales : Cela correspondait au cycle de vie de l’époque où l’on apprenait un métier très tôt pour s’enrôler dès 17 ou 18 ans. Il aurait été inconcevable pour la famille de croire que Philip pût avoir 33 ans lors de cet acte (si commis en 1775), ou même 39 ans si l’acte coïncidait avec son enrôlement officiel, au regard de son acte de décès.

Que penser alors de cet âge de 18 ans ? L’hypothèse reste plausible faute de preuves irréfutables, mais notre objectif est de concilier ce récit avec les données documentaires actuelles. Mgr Lang a déduit, par un calcul qui lui semblait raisonnable, que si Philip avait 18 ans en 1775, il devait être né en 1757. Or, rien ne prouve que l’événement ait eu lieu cette année-là ; il s’agit probablement d’une méprise sur l’interprétation de la lettre de 1816. C’est ainsi qu’une série de suppositions a fini par ériger une hypothèse au rang de fait historique accepté, le livre de Mgr Lang étant longtemps resté l’unique référence sur le sujet.

Nous devons ici préciser notre position : en tant qu’auteur et chercheur, je ne crois plus que 1757 soit son année de naissance. Si cette date est invalidée, l’idée qu’il avait 18 ans lors de son exploit s’effondre — à moins de prétendre que l’acte a eu lieu dès 1760 ! Les contradictions ne peuvent être résolues si l’on maintient cet âge pour l’acte de bravoure.

Une autre possibilité se dessine : Philip aurait pu agir comme courrier dès le début du conflit par loyauté envers le gouvernement. Lors de l’invasion du Canada par les Américains en 1775, Hugh Finlay a exigé des maîtres de poste un engagement de fidélité et de défense du pays. Presque tous ont signé, marquant le début de la transition vers un système postal exclusivement britannique. Dans cette perspective, l’acte de bravoure de Philip s’inscrit parfaitement dans la lignée des actes de « loyauté » exemplaire valorisés par la Couronne.

Nous estimons que les preuves documentaires en faveur d’une autre date de naissance sont extrêmement probantes. Ces documents sont les suivants :

(1) le recensement de 1831 effectué à Clair;

(2) l’acte de décès;

(3) le recensement de 1825 dans le Kamouraska et le Témiscouate.

Note – Deane et Kavanagh ne font pas mention d’une date en particulier dans l’enregistrement pour Philip Long.

Ces deux sources concordent pour confirmer une date de naissance antérieure à 1757, année généralement admise jusqu’ici déduite par Mgr Lang dans son ouvrage. Cette nouvelle perspective chronologique impose une réévaluation complète de l’âge de Philip au moment de son acte de bravoure. Dès lors, nous allons reprendre une analyse approfondie des dates de naissance possibles pour Philip Long ; cette étape est essentielle pour mieux comprendre le parcours de vie de notre ancêtre.


Étude des dates de naissance potentielles de Philip Long

Vous trouverez dans la section suivante les hypothèses, faits connus et sommaires des recherches qui touchent la date de naissance de Philip Long.

Aujourd’hui, la date de naissance de Philip Long n’a toujours pas été confirmée. Le débat actuel se cristallise autour de quelques options : la période 1742-1752, l’année 1747 ou l’année 1757. Note au lecteur : bien que ces dates puissent rester approximatives, elles s’appuient sur des recherches sérieuses et des documents d’archives.

Sur cette page, nous allons reprendre les arguments en faveur de chacune de ces hypothèses. Personnellement, je considère que l’option la plus probable se situe avant 1752, possiblement dès 1742, au vu de la documentation établie sur la vie de notre ancêtre. Si l’on se fie aux sources existantes, trois documents s’avèrent cruciaux :

  • le recensement de Rivière-du-Loup de 1825 ;
  • le recensement de 1831 ;
  • et enfin, son acte de sépulture de 1832.

Avec ces trois documents, je crois que nous pouvons conclure les conclusions qui suivent avec une haute probabilité:

  1. 1742 est la date la plus reculée possible pour la date de naissance de Philip Long; cette date est compatible avec l’acte de décès si on lit le texte comme « environ quatre vingt dix ans »;
  2. 1752-1753 est la date la plus récentre pour sa naissance – si il avait au moins 80 ans plutôt que 90 ans à son décès, il aurait pu naître vers 1752 ou 1753 car « environ » voulait surement dire que le curé aurait émis une date approximative si Philip avait disons 79 ans et 10 mois ; cet âge est compatible avec le recensement de 1825; et elle est aussi compatible avec l’acte de décès si celui-ci est lu avec les mots « environ quatre vingt devans témoins » (voir plus loin pour cette analyse);
  3. 1753 est aussi l’année de naissance (corrigée) de Philipp Lange à sa naissance à Wirminghausen, Allemagne. Dans les registres de HETRINA aux archives de Margurg, sa date de naissance est enregistré comme 1756, et celle-ci est reprise par un recherchiste sur les régiments hessois, Bruce E. Burgoyne; par contre, le Dr. Heldt a déduit que l’âge de Phillip devait être 1753 puisque le dossier officiel dans la paroisse de Adorn, Allemagne montre une date de confirmation chrétienne de 1766, et ce basée sur l’âge de la confirmation était habituellement 13 ans dans ces contrées;
  4. Pour compliqué notre analyse, l’âge enregistré dans un document original et contrairement aux dossiers de HETRINA, indique un àge pour Phillipp Lange comme 21 ans; selon ce dossier, la datea de naissance de Lange serait donc 1757 qui est très proche des données dans les dossiers d’HETERINA, et aussi exactement la même année que le calcul de Mgr Lang!
  5. Si Philip avait 18 ans lorsqu’il a commis son acte de bravoure (Mgr. Lang), cet acte aurait donc eu lieu soit en 1760 ou en 1770 si on utilise 1742 ou 1752-1753 comme date de naissance. Ni l’une ou l’autre de ces deux dates correspondent à un conflit qui fait du sens dans le contexte de Philip, alors ces dates mettent en doute l’âge de Philip fixée par la tradition orale pour l’acte de bravoure.
  6. Pour nos fins, et sans un document pour déterminé si Philipp Lange est en fait notre ancêtre, nous allons devoir garder la fourchette des années de naissance potentielles entre 1740 et 1757 – une fourchette plutôt large pour les recherchistes futurs.

Cette fourchette de dates de naissance possibles est importante car elle restreint la recherche mais montre également que la date de 1757 reste non étayée à ce jour par des preuves documentaires.

Les arguments et les recherches sérieuses concernant un autre candidat, Philip Lange (Lang-Long), qui serait née en 1747 concorde avec cette fourchette de dates possible. Ses recherches et conclusions peuvent être consultés sur le site de Donald Long.


Pourquoi Philip Long serait-t-il né en 1742? 1752-1753? ou 1757?

Le choix de la date de naissance de Philip Long dépend de la source que l’on privilégie (documents officiels, logique biologique ou tradition orale). Voici le résumé des arguments pour chaque année :

1742 : L’hypothèse « officielle » (Acte de décès et Recensement)

  • Source : Son acte de décès en 1832 indique qu’il est « âgé d’environ 90 ans ». Le recensement de 1831 à Clair note également un homme de « 80 à 90 ans » chez Romain Long.
  • Pourquoi y croire : C’est la donnée la plus proche de sa mort. Elle explique pourquoi les officiers militaires (Addison, Foster) et les voyageurs (John Mann) l’appelaient systématiquement « le vieux monsieur » ou « le vieux serviteur » dès 1815-1816. À cette époque, il aurait eu plus de 70 ans.
  • Problème : Il aurait eu 50 ans lors de son mariage avec une fille de 16 ans et serait devenu père à 78 ans.

1752-1753 : L’hypothèse de la « Vraisemblance » et l’hypothèse allemande émise par Donald Long basée en partie sur les recherches du Dr. Thomas Heldt

  • Source : (1) Déduction logique basée sur une erreur possible de 10 ans dans l’acte de décès avec une lecture du mot « dix » contestée, et remplacée par une lecture grammaticale comme étant « devans témoins »; (2) la recherche du Dr. Heldt rapporté par Donald Long montre aussi un candidat, Johann Philipp Lange (John Philip en anglais) qui serait né en 1753 en s’appuyant sur un acte de confirmation en date de 1766 à Wiminghausen, Allemagne;
  • Pourquoi y croire : Elle rend les étapes de sa vie plus « normales » : il aurait eu 40 ans à son mariage et 68 ans à la naissance de son dernier fils. Cela reste cohérent avec le fait d’être perçu comme « vieux » en 1816 et 1820 que l’on retrouve dans plusieurs écrits sur Philip Long.
  • Problème : La fourchette est importante entre 1742-1753 car elle est consistente avec les preuves documentaires existantes, et une date de naissance possible entre Johann Philip Lange en Allemagne en 1753. Nous interprétons le mot « environ » comme voulant dire autant 1752 que 1753 car le curé aurait pu arrondir l’âge de décès. La date de 1742 demeure incertaine sauf si l’on accepte l’acte de décès comme véritable et correct. Cette date de naissance est aussi consistente avec un soldat en territoire américain durant la Révolution qui aurait traversé l’Atlantique comme Philipp Lange, pour ensuite s’enregistré dans le WFRF comme Philip Long, déserté ou être absent lors du recensement à New Town, New York en 1781, pour ensuite ré-apparaître dans le KAR en octobre 1781. C’est un parcours incertain mais crédible..

1757 : L’hypothèse « Légendaire »

  • Source : Tradition orale reprise par Mgr. Lang et l’abbé Thomas Albert.
  • Pourquoi y croire : Elle repose sur l’idée que Philip avait 18 ans lors de son acte de bravoure pendant la Révolution américaine (1775).
  • Problème : Elle est contredite par tous les documents officiels (décès et recensements). Si Philip était né en 1757, il n’aurait eu que 58 ans lorsqu’on l’appelait « le vieux serviteur », ce qui est peu probable pour l’époque.

Quelle piste vous semble la plus convaincante pour la suite de vos recherches généalogiques ?


1757 – Mgr. Lang propose cette date de naissance

Nous avons présenté les arguments et la synthèse de l’histoire orale, telle que racontée par Mgr Lang, sur la page intitulée « Histoire orale ».

Voici un rappel des points principaux :

  • L’engagement de Philip Long : Dans l’une de ses lettres, Philip mentionne l’année 1775 comme le moment où sa loyauté envers la Couronne britannique a pris un tournant décisif. La nature exacte de cet engagement n’est pas précisée, mais il pourrait s’agir d’un serment de loyauté (aucun document trouvé à cet effet et donc une spéculation de ma part) plutôt que d’un acte de bravoure (ce dernier étant d’ailleurs documenté dans une note du recensement de 1831 à Clair).
  • La chronologie de l’acte de bravoure : Cet acte de bravoure aurait pu avoir lieu plus tard, vers 1780-1781, période à laquelle le nom de Philip Long commence à apparaître sur les listes d’appels militaires (ou plus tôt si on croit au candidat Philipp Lange qui est arrivé à New York en 1776). Mgr Lang a rapporté que, selon la tradition orale (laquelle ne faisait pas l’unanimité parmi les descendants), cet événement se serait produit alors que Philip avait 18 ans.
  • La date de naissance : Par déduction, Mgr Lang a établi une date de naissance potentielle pour Philip Long en 1757, en calculant : 1775-18=1757.
  • 1757 permettait à Mgr. Lang pensait bien expliquer l’écart entre Philip (35 ans) et 16 ans [19 ans] avec son épouse plutût – avec un âde décès de 90 ans, cet écart était très incomfortable: 50 ans et 16 ans [34]. Je crois qu’il faut aussi tenir compte du fait que Philip avait presque perdu la vue (un oeil) dans un incidant durant sa carrière militaire, que ce facteur pourrait aider à expliquer un âge avancé avant son marrige en 1792 (« batchelor Cape St-Ignace »). Mais nous avons d’autres exemples parmi les Long de mariage tard dans la vie d’un homme. Enfin, cette date de naissance voulait aussi dire qu’à la naissance de Michel Long en 1820, que son père aurait eu 63 ans, et sa mêre 44 ans, plutôt que 78 et 44.

Cette date de naissance hypothétique soulève toutefois plusieurs problèmes, que nous détaillons ci-dessous.

  • On peut imaginer que cet acte de bravoure a eu lieu peu avant son enrôlement en 1781, que ce soit au sein du King’s American Regiment (KAR), des West Florida Royal Foresters ou même du 3rd Waldeck.
  • Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que Philip Long ait eu 18 ans au moment des faits. Seul Mgr Lang a suggéré cet âge, intégrant cet élément à un récit qu’il qualifie lui-même, en fin de compte, de « légende ». Nous partageons cette analyse.
  • Cependant, si l’on considère le candidat Philip Lange, la date de 1775 soulève d’autres interrogations. En tant que Hessois, il a quitté l’Allemagne en 1776 pour arriver à New York avec le régiment de Waldeck. Pourquoi aurait-il choisi 1775, plutôt que 1776, pour marquer le début de son attachement à la Couronne britannique, alors qu’il vivait encore en 1775 sous le règne de Frédéric II, landgrave de Hesse-Cassel ? Ce dernier est certes connu pour avoir loué ses troupes à son neveu, le roi George III, mais cela ne lie pas personnellement le soldat à la Couronne avant son départ.
  • Je crois que l’année 1775 peux marquer le début de la loyauté de Philip Long envers la Couronne britannique mais cela pourrait tout aussi bien être une expression courante parmi les Loyalistes de l’époque pour démontrer qu’ils avaient TOUJOURS été loyal au roi ; un document officiel, tel qu’un certificat de serment, confirmerait le tout. Qu’il soit né en 1742, 1747 ou 1752, Philip aurait pu accomplir son exploit à 23, 28 ou 33 ans. Cela est tout à fait plausible, surtout pour un acte décrit comme une fuite vers les lignes britanniques avec une malle américaine, effort dont un courrier ou un soldat aguerri est parfaitement capable.
  • Cette hypothèse d’un homme plus âgé concorde avec les documents d’époque. En 1816, une lettre du colonel Addison au gouverneur George Heriot décrit Philip comme un « vieux serviteur de l’État » (an old servant of government), un commentaire qui sied mieux à un homme de 64 ou 74 ans qu’à un homme de 59 ans. De même, le journaliste John Mann utilise l’expression « le vieux monsieur » (the old gentleman) lors de son passage au lac Témiscouata en 1824.
  • Enfin, il faut saluer les efforts de Mgr Lang, tout en reconnaissant qu’il n’avait pas accès aux sources documentaires actuelles. Les recensements lui étaient inconnus, et il avait écarté les données de l’acte de décès pour deux raisons : un âge aussi avancé (90 ans) cadrait mal avec un mariage contracté à 50 ans avec une jeune fille de 16 ans, et une erreur s’était glissée dans le certificat de Marie-Julie alors… pourquoi pas d’autres erreures, cette fois commise par un curé différent, 26 ans auparavant.

Nous examinerons les arguments détaillés pour ces différentes dates, ainsi que les objections qui s’y opposent, dans la section suivante. La plupart des arguments réfutant la date de 1742 ne s’appuient pas sur des documents, mais gravitent plutôt autour de l’âge de Philip lors des moments charnières de sa vie : il aurait eu 50 ans lors de son mariage avec Marie-Julie Couillard Després (alors âgée de 16 ans) et 78 ans à la naissance de son dernier enfant, Michel Long, né en 1820 au lac Témiscouata.

Une naissance en 1752-1753 atténuerait ces invraisemblances et concorderait davantage avec la documentation connue et acceptée sur la vie de notre ancêtre. Par ailleurs, une date comme celle du candidat Philippe Lange (1747) s’insérerait également dans cette fourchette de 1742-1752.


1831 Recensement à Clair

Le premier élément remettant sérieusement en question l’année de naissance de 1757 se trouve dans le recensement de 1831 effectué à Clair (la Petite Décharge). On y observe que Romain Long, fils de Philip et alors domicilié à Clair, est inscrit comme chef de famille. Le recenseur note la présence, au sein du foyer de Romain, d’un homme âgé de 80 à 90 ans. Bien que le document ne nomme pas explicitement toutes les personnes à charge, il est fort probable que cet homme soit Philip, puisque cet âge concorde parfaitement avec celui mentionné dans son acte de décès en 1832. Suivant la même logique, la femme âgée recensée en 1831 correspondrait à Marie-Julie Couillard-Després, qui aurait alors eu entre 40 et 50 ans selon son acte de naissance.

Le recensement de 1831 à Clair et celui de 1825 au lac Témiscouata, découverts tardivement, suggèrent que l’année 1757, mentionnée dans le manuscrit de Mgr Lang, est sujette à caution. Ces données, absentes de l’ouvrage original, sont disponibles sur le site de l’upperstjohn.com et dans l’ouvrage de Donald Long. Ces éléments de recherche, également analysés dans l’ouvrage de Donald Long sur les origines de Philip Long, jettent un doute sur la fiabilité de l’année 1757.


Acte de décès de 1832

Le deuxième élément d’information examiné est l’acte de décès. Bien que ce document soit généralement considéré comme une preuve substantielle de l’âge d’un défunt, des erreurs peuvent s’y glisser. Mgr Lang, ainsi que d’autres chercheurs, ont d’ailleurs formulé des doutes quant aux informations figurant sur l’acte de Philip Long.

L’âge indiqué sur cet acte, tel que lu par Mgr Lang, suggère que Philip serait né en 1742, et non en 1757. Cette dernière date, longtemps admise, reposait sur un calcul théorique plutôt que sur un document officiel : elle supposait que Philip avait 18 ans lors de son acte de bravoure en 1775. Selon cette logique, son année de naissance aurait été 1757 (1775 moins 18 ans).

Une autre raison de douter réside dans l’âge avancé qui en découle. Si l’acte de décès est exact, Philip aurait eu 33 ans au début de la Révolution en 1775, ce qui contredit la tradition orale d’un « jeune homme » de 18 ans rapportée par Mgr Lang. De plus, lors de son mariage avec Marie-Julie Couillard-Després en 1792, Philip aurait eu 50 ans alors que son épouse n’en avait que 16. Un tel écart, bien que possible, demeure inhabituel pour l’époque. Enfin, il aurait eu 78 ans à la naissance de son dernier fils, Michel, en 1820. Si l’exemple de Pierre Elliott Trudeau, devenu père à plus de 70 ans, prouve que la chose est biologiquement possible, elle reste exceptionnelle.

Le scepticisme de Mgr Lang s’appuyait également sur une erreur manifeste dans l’acte de décès de Marie-Julie elle-même. Celle-ci y est dite décédée en 1847 à l’âge de 92 ans. Or, son acte de naissance (1776) prouve qu’elle n’avait en réalité que 71 ans. Si une telle méprise de 21 ans a pu survenir dans son cas, il est tentant de conclure que l’acte de Philip est tout aussi erroné. Pourtant, l’âge de Marie-Julie est correctement estimé dans les recensements de 1825 et 1831, ce qui souligne l’anomalie spécifique du registre paroissial de Sainte-Luce par rapport aux recensements civils.

Rejeter 1742 comme année de naissance reviendrait à admettre que l’acte de décès de 1832 et le recensement de 1831 sont tous deux erronés, ce qui semble improbable. À cette époque, il n’y avait aucun avantage manifeste à mentir sur son âge devant un agent officiel. Donald Long a toutefois avancé l’argument que les proches de Philip à Clair ne connaissaient peut-être pas la date exacte de naissance de leur père. Il demeure donc possible que le curé se soit trompé, ou que Philip ait été un peu plus jeune — d’environ dix ans — tout en restant cohérent avec la fourchette du recensement de 1831.

Les options sont multiples pour vouloir trouver une erreur dans l’acte de décès. Mais le document est assez clair:

Source: acte de dÉces, Philip long, 1832, paroisse de ste-luce, maine

La première lettre du mot (dix) est similaire aux autres « d » dans le document. Les autres lettres ne forment pas « eux » donc « deux » n’est pas le bon mot, et il nous reste seulement « dix » comme conclusion si le mot est un chiffre.

Le text après vingt est un mot qui commence pas un « d » et ensuite est suivi par le texte « témoins Michel et Raphaël… ». La phrase et le mot « devant » ferait bien du sens et compliquerait beaucoup moins la date de la naissance de Philip Long. En 1832, Philip aurait donc pu avoir 80 ans plutôt que 90 ans, et cela voudrait dire qu’il serait né vers 1752 plutôt que 1742. La concordance avec les recensement pourrait s’établir anisi. Le texte de l’acte de décès mentionne « environs quatre vingt » et surement qu’en 1830, il autrait été possible pour Philip d’avoir indiqué son âge comme étant 80-90 ans si il était proche ou venait d’avoir 80 ans; lors du recensement, Philip aurait eu 88 ans!?

CERTIFICAT DE DÉCES ORIGINAL

ET SI ON POUVAIT LIRE LE TEXTE « DEVANS TÉMOINS MICHEL MORIN … »

Les nouvelles recherches menées par Donald Long sur un candidat potentiel né en Allemagne en 1753 viennent brouiller les vieilles pistes : bien qu’elles corroborent certaines données du recensement de 1831, il faut aussi croire également que l’âge de 90 ans mentionné sur l’acte de décès pourrait être inexact. Si Philip était né en 1753, il aurait eu 79 ans à son décès, et non 90. Au recensement de 1830, il aurait eu 77 qui commence à être un nouveau problême pour nos recherches – plus lin de 80 et la fourchette magique de 80-90 en 1830. Pourquoi mentir cette seule fois devans les agents du gouvernment? Né en 1753, Philip aurait eu environ 79 ans à son décès ce qui n’est pas compatible avec la lecture « d’environ quatre vingt dix ans ».

Tant qu’un acte de naissance officiel ne sera pas retrouvé, ce dilemme restera probablement insoluble.


1825 Recensement de Rivière-du-Loup

Ce document fût retrouvé par Gilles Long et la copie du document ici provient de Chip Gagnon sur son site (www.upperstjohn.com).

Sur ce document, on retrouve les informations suivantes sur la famille de Philippe Long (sic) au lac Témiscouata. Ce recensement indique que Philip et sa famille résident toujours aux alentours du lac Témiscouata. Merci gilles pour avoir redécouvert ce document, et Chip Gagnon, que nous remercions chaleureusement pour son aide et son site exceptionnel. D’après les résultats, on peut déduire que les personnes suivantes composaient le foyer Long :

Neuf personnes au total ont été recensées dans ce foyer :

Philippe Lang, 60 ans et plus (marié) (Philip est le seul mentionné)

Marie-Julie, 45 ans et plus (mariée)

Trois enfants de moins de six ans

Suzanne Long – 12 ans

Michel Long – 5 ans

Deux enfants âgés de plus de 14 ans et de moins de 18 ans

(Probablement) George Long – 16 ans au moment du recensement

(Probablement) Romain Long – 14 ans au moment du recensement

Un homme âgé de plus de 18 ans et de moins de 25 ans (marié)

(Probablement) Jean-Baptiste Long – né en 1800, il avait donc exactement 25 ans au moment du recensement.

Une fille âgée de plus de 18 ans et de moins de 45 ans (mariée)

(probablement) Marguerite Emond – épouse de Jean-Baptiste Long

Voici l’information reçu de Gilles Long:

« Recensement au lac Témiscouata.  Les noms suivants apparaissent pour la maisonnée Long et Couillard-Després: Trois personnes, demeurant dans la maison, au-dessous de six ans (Michel Long – 5 ans, et les deux enfants de Jean-Baptiste: Jean-Baptiste Long (2), deux ans, et Guillaume Long (un an)), deux personnes au-dessus de 14 ans et au-dessous de 18 ans (Georges Long – 16 ans, et Romain Long – 14 ans); un homme marié au-dessus de 18 ans et au-dessous de 25 ans (Jean-Baptiste Long); un homme marié de 60 et au-dessus (Philip Long), une femme mariée, au-dessus de 14 ans et au-dessous de 45 ans (Marguerite Émond, épouse de Jean-Baptiste Long), et enfin, une femme mariée de 45 ans et au-dessus (Marie-Julie Couillard-Després – 49 ans).  » 
Source: Gilles Long.

L’information pertinente ici est bien sûr l’âge possible de Philip Long en 1825 – si il est né en 1742, il aurait eu 83 ans en 1825 si il est né en 1742, ou 73-74 ans si il est né en 1752-1753; ou 78 ans (Donald Long avec son candidat né en 1747) ou 68 ans (Mgr. Lang).


D’autres informations indirectes suggèrent que Philip Long serait né avant 1757.

Deane et Kavanagh ont mené leur enquête en 1831, alors que Philip résidait à Clair. À peine un an avant son décès, le rapport mentionne qu’il « s’est enfui chez les Britanniques avec un courrier américain ». Cette information confirme que l’acte a bien été commis durant la Révolution américaine, sans toutefois permettre d’en déduire une date précise.

Cette conclusion soulève un paradoxe : si Philip avait réellement 18 ans au moment de son exploit (selon la tradition orale) et qu’il était né en 1742, cet acte n’aurait pas eu lieu pendant la Révolution américaine, mais à la fin de la guerre de Sept Ans, vers 1760 ! Cette contradiction suffit, à notre avis, à remettre sérieusement en question l’idée qu’il n’avait que 18 ans lors de son acte de bravoure.

D’autres preuves documentaires fragilisent l’hypothèse d’une naissance en 1757. Dans une lettre datée du 31 juillet 1816, George Heriot, sous-directeur général des Postes, décrit Philip Long comme « un vieux serviteur de l’État » (an old servant of government). S’il était né en 1757, Philip n’aurait eu que 59 ans. Bien que ce terme soit relatif, il semble bien plus approprié pour désigner un homme de 69 ans (né en 1747) ou de 74 ans (né en 1742).

De même, en 1815, le secrétaire militaire C. Foster qualifie Philip de « vieux soldat et colon » dans une note adressée au commissaire général Robinson. Pourquoi cet adjectif revient-il systématiquement ? Comment son âge a-t-il pu devenir un trait distinctif au point d’être relevé par deux hauts fonctionnaires du commandement militaire et civil dans des correspondances officielles distinctes ?

Un autre témoignage figure dans l’ouvrage de John Mann, Travels in North America (publié en 1824). Relatant ses voyages effectués entre 1816 et 1823, Mann écrit : « Le propriétaire était américain et parlait couramment anglais. […] Après avoir discuté un peu avec le vieux monsieur, je suis allé me coucher. » Il est fort probable qu’un voyageur remarque Philip à 82 ans plutôt qu’à 67 ans. Pour l’époque, un homme dépassant les 80 ans était perçu comme un cas de longévité exceptionnelle, ce qui justifierait une telle mention.

Enfin, l’année 1742 pourrait tout aussi bien être 1747. Si le candidat de Donald Long, Philippe Lange, s’avère être notre véritable ancêtre, son année de naissance pourra être corrigée en conséquence sur ce site et dans les archives permanentes des familles Long-Lang.


1753 – Philip Lange (candidat de Donald Long)

Donald Long a étudié en profondeur une toute nouvelle piste pour notre ancêtre Philip Long : un candidat nommé Philip Lange. Ce dernier apparaît dans le 3e régiment de Waldeck, une unité hessoise qui aurait traversé l’Atlantique en 1776 avec d’autres troupes allemandes pour combattre aux côtés des régiments réguliers britanniques en Amérique du Nord. Ses documents et sa recherche sont regroupés sur son Blogge, en partant de l’année 2014.

D’après la recherche publiée par Donald, l’argumentaire se développe comme suit:

  • Absence de traces locales : Nos recherches n’ont révélé aucune trace d’un autre Philip Long (Lang, Laing, Lung, etc) dans les colonies en rébellion (aucun document de naissance ou de baptême en territoire américain) qui rencontre les faits ou le context connus de notre ancêtre.
  • L’importance de l’hypothèse : Si aucun document ne permet de retracer Philip Long sur le continent avant cette date, il est possible, voire probable, qu’il soit arrivé par bateau directement dans les treize colonies, soit comme civil, soit comme membre d’un régiment britannique ou hessois.
  • Origines européennes : Aucun Philip Long concordant n’a été trouvé en Angleterre ou en Écosse. L’Allemagne devient donc une piste sérieuse, d’autant plus que nos tests génétiques (réalisés jusqu’en mars 2026) confirment une ascendance germanique remontant autour du XVIIe siècle (vers 1600).
  • Carrière militaire: Phillipp Lange (1747) a eu une carrière militaire qui pourrait être consistente avec celle de notre ancêtre; celui-ci s’est enrôlé dans le 3ième Waldeck et aurait traversé pour New York en 1776; en 1781, soit avec ce régiment hessois ou soit après avoir changé de régiment pour rejoindre le régiment des West Florida Royal Forresters avant la défaite de 1781 à Penscola, pour ensuite se retrouvé dans le régiment du Kings American Regiment (KAR) à Savannah à la fin 1781 jusqu’à la fin de la guerre.

Donald a fait état de ses recherches sur son blogue. Il est fort possible que Philip Long ait anglicisé son nom de « Lange » en « Long » après son arrivée pour lui donner une consonance plus britannique, une pratique courante à l’époque. Ses parents auraient pu faire de même, à l’instar de la famille de mon épouse Andrea, les Shaver, qui ont transformé leur nom de « Schaeffer » en « Shaver » au New Jersey vers les années 1700, avant de déménager en Ontario.

Une question cruciale se pose : pourquoi Philipp Lange a-t-il changé son nom après son départ du 3e Waldeck en décembre 1778 et avant de s’enrôler dans le West Florida Royal Foresters (WFRF), un régiment lui aussi posté à Pensacola ? Assurément, les soldats se rencontraient, se côtoyaient et participaient ensemble à des escarmouches ou à des batailles.

Quels risques prenait Philip en changeant de nom alors qu’il fréquentait ses anciens collègues allemands, voire son propre frère, dans un contexte où les déserteurs étaient si mal vus et sévèrement châtiés ?

À mon avis, la seule possibilité, compte tenu des circonstances de la vie de Philip, est la suivante :

  1. Une volonté d’intégration : Philipp Lange aurait changé son nom parce qu’il souhaitait demeurer sur le continent américain après cette guerre infernale.
  2. Une loyauté maintenue : Il n’a pas déserté vers les « Continentaux » (les rebelles américains). Il est resté loyal à la Couronne et a décidé de s’enrôler dans un régiment provincial, soit à New York, soit après avoir transité vers Pensacola avec ses nouveaux collègues.
  3. Un transfert officialisé : Cette situation était possible et même acceptable si les autorités militaires y consentaient. Le fait que Philipp ait pu réapparaître sain et sauf à Pensacola porte à croire que ce transfert fut officialisé par un capitaine d’un des régiments s’étant rendus en Floride occidentale.

Si tel est le cas — et c’est bien sûr une hypothèse construite sur une conjecture unique — les recherches doivent se poursuivre pour trouver un document prouvant que Philipp Lange est devenu Philip Long lors de son passage dans un autre régiment.

Dans un tel scénario, ce transfert autorisé aurait permis à Philip de se rendre directement à Pensacola pour s’enrôler dans une unité comme le WFRF. Par contre, la chronologie reste complexe : Philipp Lange disparaît des registres en août 1778 et ne réapparaît (sous le nom de Philip Long) qu’après mars 1780, lors de la création du WFRF. Où était-il durant cette période et que faisait-il ?

Vous trouverez plus d’informations sur ce candidat sur le Blogge de Donald ou il décrit ses années de recherches en [cliquant ici].

Philipp Lange demeure un candidat possible pour notre ancêtre, mais comme Donald l’indique sur son Blogge, les recherches doivent se poursuivre pour confirmer ce candidat:

  • pour trouver de nouveaux documents
  • résoudre cette question en bout de compte par la génétique quand un candidat européen/américain confirmera les racines plus récentes de notre ancêtre Philip Long
  • et / ou des liens déterminant nous mèneront vers un arbre généalogique d’une autre famille Long.

Conclusion – Que savons-nous de la vie de Philip avant 1775?

En 2026, après toutes ces recherches au fil des décennies, nous ne pouvons pas aujourd’hui confirmé l’identité ethno-culturelle de notre ancêtre Philip Long, ni sa date de naissance, ni son statut comme immigrant ou natif en sol américain avant son entrée dans son service militaire en 1781.

Nos suppositions ou nos scénarios ne remplacent pas des documents ou des faits pour confirmé l’identité de Philip Long avant 1775. Entre 1775, nous savons qu’il se considérait déjà comme un individu loyal à son roi et son pays d’Angleterre, mais c’est vraiment tout ce que nous savons de concret.

Il est temps de passer, dans notre récit, à la carrière militaire de notre ancêtre pendant la Révolution américaine, à partir de 1775. 



[i] Lettre de George Heriot, directeur général des postes, à Noah Freer, secrétaire militaire, datée du 13 décembre 1811, à Québec. Source : Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 284, page 91.

[ii] Lettre de C. Foster, secrétaire militaire, à William Henry Robinson, écuyer, commissaire général, le 20 novembre 1815, à Québec. Source : RG8, série C, volume 1232, microfilm C-3528.

[iii] John Mann, Voyages en Amérique du Nord, page …


[i] Journal des Missions, 1812.

[ii] Donald Whyte, A Dictionary of Scottish Emigrants To Canada Before Confederation, Ontario Genealogical Society, Toronto, 1986, Volume I : 1986 ; p. 166. Dans le volume I, on trouve une entrée supplémentaire sous Long : « 4712 Archibald Long. A servi dans le 82e régiment et a reçu une concession de terres dans le comté de Pictou, en Nouvelle-Écosse, en 1784. HPC, annexe F. » Dans le volume II, on trouve une seule entrée : « 4358 Long, Christopher. Arrivé au canton de Mosa, comté de Middlesex, en Ontario, vers 1841 ; a partagé le lot 26, 1er rang nord, avec sa famille. Agriculteur. OGF 26, 167. »

[iii] Margaret Stuart, Scottish Family History: A Guide to Works of Reference on the History and Genealogy of Scottish Families, Genealogical Publishing Company, Inc., Baltimore, 1979.

[iv] George F. Black, Ph.D., The Surnames of Scotland: Their Origins, Meaning and History, New York Public Library (Première édition, 1946, Réimpression 1979).

[v] Charles Wareing Bardsley, M.A., Dictionary of English and Welsh Surnames with Special American Instances, Genealogical Publishing Co., Inc., Baltimore, 1980.

[vi] Révérend Henry Barber, M.D., F.S.A., British Family Names, Their Origin and Meaning with Lists of Scandinavian, Frisian, Anglo-Saxon and Norman Names. Réédité par Gale Research Company, Book Tower, Detroit, 1968.

« Long. N.-Fr. (Français normand). De Longa, De Longues; p.n. Également réf. Prot., Longon 1621, dans Rot. Hund. »

[vii] Donald Whyte, Un dictionnaire des émigrants écossais aux États-Unis, page….

[viii] Gilles Long, Depuis Québec Jusqu’à Clair – Mes ancêtres – La Lignée Couillard, 2001..

[ix] Donald Long, Origines, pp. 32-33.

[x] A. G. Bradley, The United Empire Loyalists: Founders of British Canada, Thornton Butterworth Limited, Londres, page 19.

[xi] Mgr. Ernest Lang, Mon ancêtre Philip Long, page 14.

[xii] Mgr. Ernest Lang, Mon ancêtre Philip Long, pages 19-20.

[xiii] Deane et Kavanagh, Rapport, page 10.

[xiv] William Smith, Histoire du bureau de poste en Amérique du Nord britannique, p. 73.

[xv] Lettre de Philip Long à Lord Sherbrooke, datée du 4 septembre 1816 et écrite à l’extrémité du lac Témiscouata. Source : Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 622.

[xvi] William Smith, Histoire du bureau de poste en Amérique du Nord, page 75.


[i] Les sources relatives à l’histoire des noms Long-Lang proviennent du site web, comme la majeure partie du contenu de ce recueil. Un document clé à cet égard est « The Ancient History of the Distinguished Surname – Long », que nous avons obtenu au début des années 1980.

[ii] « The Ancient History of the Distinguished Surname – Long ». Ce document, obtenu au début des années 1980 par Benoît Long, est du type de ceux que l’on trouve aujourd’hui sur internet ou auprès de nombreux généalogistes. D’autres sources d’information, présentées plus loin dans ce chapitre, examinent les origines écossaises du nom et constituent une source fiable d’information sur les patronymes Long-Lang.

[iii] « Burke’s Landed Gentry ». Ces ouvrages, mis à jour chaque année, sont une ressource précieuse pour toute personne intéressée par l’héraldique.

[iv] Donald Long, À la recherche des origines de Philip Long, l’ancêtre de tous les Long et des Lang du Madawaska, février 2004.  Nous utiliserons la forme abrégée Origines pour désigner l’excellent travail de Donald.