Cette section du site reprend le récit de Philip Long et Marie-Julie Couillard-Després à partir de leur mariage à Québec en 1792 et leurs premières années comme famille au Bas-Canada jusqu’en 1808. La famile va demeuré à différents endroits: la vieille ville de Québec, L’Isle-Verte, L’Islet-du-Portage ou L’Islet-sur-mer, et près de Rivière-du-Loup et l’entrée du Portage du Canada tout dans les environs de Rivière-des-Caps et Notre-Dame-du-Portage.
La famille Couillard-Després
L’ouvrage de Gilles Long, Depuis Québec jusqu’à Clair, constitue à mon avis l’étude de référence sur la famille Couillard au Québec. Son analyse de la vie de Philip sert de fondation aux textes qui suivront. Nous en recommandons vivement la lecture pour quiconque souhaite saisir l’histoire, la généalogie et l’importance des familles Couillard et Couillard-Després dans l’établissement de la Nouvelle-France.

(Synthèse à venir)
1776 – Marie-Julie Couillard Després – Naissance
Naissance de Marie-Julie Josephte Couillard-Després à Montmagny, Québec le 7 novembre 1776. Elle était la fille d’Emmanuel Couillard-Després, capitaine de la milice locale du Cap St-Ignace (sources : Gilles Long).

À cette époque, Philip était courrier. Il déclara résider au Cap Saint-Ignace, où se trouvait un poste de relais géré par le capitaine de milice local, Emmanuel Couillard-Després. Il est fort probable que ce soit ainsi que Philip et Marie-Julie se rencontrèrent.
Si Philip est né en 1742, il aurait eu 50 ans en 1792, un âge avancé pour un courrier. Il utilisait probablement un cheval pour parcourir la distance entre Québec et l’entrée du portage, et pouvait également s’en servir pour une grande partie du trajet jusqu’au lieu de transbordement, qui deviendra plus tard Long’s Landing Place.
Sommaire de l’histoire de la grande famille des Couillard et Couillard-Després
Mariage de Philip Long et Marie-Julie Couillard Després en 1792
Le 6 décembre 1792, Philip Long, de Cape Saint-Ignace, épousa Marie-Julie Couillard-Després, de la paroisse de L’Islet, en l’église de la Sainte-Trinité de Québec, principale église anglicane.
Le ministre officiant était David Francis De Montmollin, et David Higginbotham (marchand), Andrew Johnston (tonnelier) et Murdoch MacKenzie (tonnelier) étaient témoins.
Exemplaire original de l’acte de mariage de Philip Long et Marie-Julie Couillard-Després


Les liens de Philip avec Higginbotham étaient probablement d’ordre commercial et personnel. Higginbotham, un Amérindien qui avait autrefois été courrier et se présentait comme « marchand », avait été le premier colon à s’installer précisément à l’endroit où Philip Long allait établir son foyer, à l’extrémité du lac Témiscouata.
MacKenzie était écossais et son histoire est fascinante.

Originaire d’Inverness et fort probablement de confession anglicane, Murdoch convola en justes noces avec Lizzel Barolet, d’origine française et manifestement catholique, le 13 décembre 1774 en l’église des Récollets de Québec. Pour des motifs indéterminés, Lizzel recourait également au patronyme de Marie-Louise Paille. Leur fille, prénommée Marie-Louise à son tour, reçut sans surprise le baptême catholique. L’office fut célébré par David Francis de Montmollin, le pasteur même qui unira ultérieurement Philip et Marie-Julie. Le marchand Simon Fraser Jr ainsi que le tonnelier William Hay en furent les témoins.
Ce Simon Fraser pourrait être l’homme dont la demeure fut le théâtre de l’embuscade tendue aux troupes de Montgomery durant l’invasion américaine de 1775. Les sources établissent qu’un major Simon Fraser dirigeait le corps des Guides and Pioneers dans lequel s’était engagé Murdoch, une unité créée par l’arpenteur général Samuel Holland.
De fait, le patronyme de Murdoch McKenzie apparaît dans les rôles de la milice des Guides and Pioneers entre 1778 et 1783. L’unité fut un temps placée sous la direction de Holland, qui supervisait alors la cartographie et l’arpentage des voies de communication, des installations portuaires et des fortifications à Québec et en Nouvelle-Écosse. Si l’hypothèse demeure conjecturale, elle laisse entrevoir un premier point d’ancrage commun avec Philip.
À l’inverse de Philip, Murdoch embrassa le catholicisme le 9 juillet 1780 — une démarche possiblement dictée par le désir de complaire à son épouse ou de dissiper d’éventuels différends avec ses alliés. Murdoch célébra ensuite de nouvelles noces à Notre-Dame de Québec, sa conjointe se déclinant cette fois sous le nom de Louise Barolet.
Philip était capable de signer et, d’après une correspondance ultérieure, nous savons qu’il maîtrisait bien la grammaire et la langue ; un visiteur a même qualifié son anglais oral de « correct ». Julie, quant à elle, ne pouvait pas signer, mais apposait une marque, une pratique courante à l’époque. Le lien probable entre Philip et Julie, celui qui les a réunis, était le père de Julie,
Emmanuel Couillard-Després, capitaine de la milice locale et responsable du poste de relais — une sorte d’auberge où l’on pouvait changer de chevaux durant le long périple le long du Saint-Laurent.
Dans un document joint au récit du premier voyage de Pierre Durand de Québec à Halifax sous le nouveau système postal (après la Révolution américaine), figure une liste de divers postes de relais, dont celui de L’Islet, géré par « E. Després » ! Ce sujet est traité plus en détail au chapitre Loyaliste et courier.
La version ci-dessus du certificat de mariage a circulé parmi les membres de la famille pendant des années. Il s’agit manifestement d’une transcription de l’original — une copie conservée dans un registre distinct en cas d’incendie, par exemple.



Emplacement de l’ancienne chapelle et du couvent des Récollets, place d’Armes (angle de la rue Saint-Louis).
Les pères Récollets, premiers missionnaires en Nouvelle-France, arrivèrent en 1615. Après avoir obtenu l’autorisation de Mgr de Saint-Vallier, ils acquirent un terrain dans la Haute-Ville en 1681 pour y construire un couvent et une chapelle. Ces deux édifices furent malheureusement détruits par un incendie en 1796.


Après la Conquête, ces lieux devinrent la propriété du gouvernement. Le terrain où se trouvait le couvent accueillit le palais de justice qui, construit en 1800, fut détruit par un incendie en 1873 avant d’être reconstruit. Il abrite aujourd’hui le ministère des Finances du Québec. Le terrain où se dressait la chapelle fut choisi pour l’édification de la cathédrale anglicane, consacrée en 1804. L’orme bicentenaire, à l’ombre duquel les Récollets enseignaient le catéchisme aux Autochtones, est devenu un mémorial ; son bois a d’ailleurs servi à la fabrication du trône épiscopal de la cathédrale de la Sainte-Trinité.
Plus tard, Marie-Julie eut une autre occasion de mettre à profit ses expériences d’enfance lorsque Philip et sa famille furent installés par le directeur général des postes à l’extrémité du lac Témiscouata. Leur mission précise était d’héberger les voyageurs et d’assurer le transport du courrier britannique dans la région, entre Fredericton et Québec. La ferme Long, immortalisée par une lithographie de Bouchette, fut également décrite comme un « hôtel » dans la brochure du centenaire de Cabano.
Gilles Long nous apprend que ce mariage fut une union interculturelle et interreligieuse remarquable. DeMontmollin était un recteur franco-suisse de l’Église anglicane. Philip, si l’on en croit la tradition orale, était écossais et probablement presbytérien. Marie-Julie était catholique, tandis que Murdoch McKenzie était un protestant converti au catholicisme ! De plus, la cérémonie eut lieu dans une église anglicane qui avait autrefois servi de chapelle catholique !

Musée McCord de l’histoire du Canada
C’est à Québec que le révérend David-François de Montmollin arriva en 1768 à la demande du roi George III. Né en 1721 à la fois à Montmollin et à Valangin, près de Neuchâtel en Suisse, il avait étudié la médecine à Bâle, Leyde et Londres avant d’être ordonné prêtre anglican à Londres en 1768. À son arrivée, la Province de Québec (qui ne deviendra le Bas-Canada qu’en 1791) ne comptait que quelque 200 protestants, pour la plupart des soldats licenciés, alors que l’on dénombrait environ 80 000 « nouveaux sujets » d’origine française.
Le révérend de Montmollin parlait couramment français mais très peu l’anglais. Le roi le choisit pour desservir la mission anglicane de Québec, persuadé que son origine faciliterait la conversion des catholiques francophones au protestantisme. Sa congrégation initiale ne dépassait guère 19 personnes et il officiait dans l’ancienne église des Récollets jusqu’à ce que son ministère soit transféré à la cathédrale de la Sainte-Trinité. Entre 1768 et 1770, ses registres font état de « 80 inhumations, 78 baptêmes, 29 mariages et 2 conversions ». Il eut trois fils, dont Jean-Samuel et Jean-Frédéric, qui s’établirent plus tard à Vergennes, au Vermont.
L’image suivante représente le couvent et l’église des Récollets d’après un dessin de 1760. L’église d’origine fut la proie des flammes lors de l’incendie du 6 septembre 1796.

Voici une version couleur de la photo ci-dessus, tirée du site web de Pierre McKenzie, descendant de Murdoch McKenzie.

La cathédrale anglicane actuelle a été construite entre 1800 et 1804, après qu’un incendie eut détruit l’édifice d’origine.

Gilles nous apprend également que beaucoup ont longtemps cru que Philip, compte tenu de son âge avancé, aurait pu avoir une seconde famille aux États-Unis ou au Canada. Un certain Philip Long, soldat, avait en effet épousé Angélique Carpillet à Montréal en 1785. Grâce au programme du PRDH, Gilles a pu écarter cette hypothèse : ce Philip était en réalité un « Lang », d’origine allemande, ayant servi au sein du 34e Régiment britannique. Ce couple fondait sa famille à Montréal au moment même où Philip et Julie élevaient la leur sur la rive sud du Saint-Laurent. Ghislain avait également découvert un document mentionnant l’internement d’un certain Philip Lang à l’asile de Sorel, où il s’éteignit en 1828. Il s’agit fort probablement du même individu que celui qui épousa Mme Carpillet. Donald Long a aussi fait beaucoup de recherche sur ce Philip en particulier, et a prouvé hors de tout doute que ce n’était pas notre ancêtre. Un dernier commentaire sur ce Philip Long – à son mariage avec Angélique Carpillet, il est clairement mentionné « Phillipp Long, allemand ». Son appartenance à ce groupe de soldats fut bien reconnu par ce curé. Notre ancêtre par contre, ne semble pas avoir fait une telle impression avec le recteur anglican De Montmollin à son propre marriage en 1792.
Murdoch McKenzie
Informations capturé sur le web:
« Murdoch était d’Inverness, et probablement anglican, qui a épousé Lizzel Barolet, française, et certainement catholique, le 13 décembre 1774 à l’église des Récollets à Québec. Lizzel portait également le nom de Marie-Louise Paille pour une raison quelconque, et leur fille serait également nommée Marie-Louise, baptisée bien sûr dans l’église catholique. Le célébrant était le même David Francis de Montmollin, qui épousera plus tard Philip et Marie-Julie. Simon Fraser Jr, marchand, et William Hay, un autre tonnelier, étaient les témoins.Simon Fraser est peut-être l’individu dont la maison a été utilisée pour tendre une embuscade à l’armée de Montgomery lors de l’invasion américaine en 1775. On sait qu’un major Simon Fraser commandait les mêmes Guides et Pionniers dans lesquels Murdoch a servi, une unité formée par Samuel Holland, l’arpenteur général.Le nom de Murdoch McKenzie se trouve dans les rôles d’équipage des Guides et Pionniers, de 1778 à 1783. À un moment donné, ils étaient sous le commandement de Holland, qui effectuait alors des travaux d’arpentage pour les routes, les ports et les fortifications à Québec et en Nouvelle-Écosse. Cela pourrait être un lien précoce possible avec Philip, mais ce n’est qu’une pure spéculation.Contrairement à Philip, Murdoch s’est converti à la foi catholique le 9 juillet 1780 – peut-être pour faire plaisir à sa femme ou peut-être pour mettre fin aux frictions avec sa belle-famille. Murdoch se remarie ensuite à Notre-Dame de Québec, et cette fois, sa femme utilise le nom de Louise Barolet. »
L’Islet du Portage – Premier foyer de la famille Long (c.1794)
Nous savons que la famille Long s’est d’abord établie à L’Islet, une installation confirmée par l’acte de naissance de Marie-Julie. Pour une description plus détaillée et rigoureuse de la famille Couillard-Després, nous recommandons la lecture de l’ouvrage de Gilles Long, De Québec jusqu’à Clair – Mes ancêtres Couillard-Després.
Il apparaît clairement que la famille Couillard-Després entretenait des liens étroits avec cette région, y jouant un rôle de premier plan comme pionnière et propriétaire terrienne lors de la fondation de diverses communautés le long du Saint-Laurent, particulièrement en aval de Montmagny. L’événement marquant de leur séjour à L’Islet demeure sans conteste la naissance de leur premier enfant, Marie-Julie

Naissance de Marie-Julie Long en 1794
La première née de l’union de Philippe et Marie-Julie est baptisée à l’Islet, Québec, le 6 mars 1794. Elle est baptisée Marie-Julie Long. Voici le texte original du certificat :
« L’an mil sept cent quatre Vingt quatorze Le Six de mars par (L’Islet) nous Curé de L’îlette Soussigné a été baptisée Marie julie ondoyée et née aujourd’hui de Sr Philippe Long et Marie julie Couillard Dépré. Le parrain a été le Sr Emmanuel Dépré et la marraine Marie Reine Coüillard Dépré qui ont déclaré ne Savoir Signer. De ce Enqui Suivant Lordinaire. En foi de quoi. Jacques Panet, père.»
Voici une traduction libre :
« En l’an mil sept cent quatre-vingt-quatorze, le 6 mars, à L’Islet, nous, curés de L’Islet, soussignés, avons baptisé ce jour Marie-Julie, décédée, fille de Monsieur Philippe Long et de Marie-Julie Couillard Dépré. Le parrain était Monsieur Emmanuel Dépré et la marraine, Marie-Reine Couillard Dépré, qui ont déclaré ne pouvoir signer. Dès lors, tout est en ordre. En foi de quoi. Jacques Panet, curé. »

L’acte original a été découvert par Mgr Ernest Lang, mais nous remercions Gilles Long qui a obtenu cette photocopie et l’a mise à la disposition des générations futures de Long-Lang.
Vente de l’héritage Couillard par Philippe et Marie-Julie 1795
Vente par Philippe et Marie-Julie de l’héritage reçu par Marie-Julie de son père, Emmanuel Couillard-Després, le 18 février 1795.
Ce texte est une traduction de l’original rédigée et documentée par Gilles Long.
Le 18 février, devant le notaire Augustin Dionne, vente entre Monsieur et Dame Philippe Lang de leurs droits sur leurs fiefs à Monsieur Alexandre Croak (Kirouak). Cet acte a été signé à Sainte-Anne, domicile des témoins, en présence de Philippe et Marie-Julie. Ils avaient vendu toutes les terres, maisons, dépendances et meubles qu’ils pouvaient posséder en héritage de Sir Emmanuel Couillard Deprais et de son épouse, Marie Geneviève Chalifour. Les signataires de ce certificat de vente étaient A. Dionne et Philip Long, tandis que Marie-Julie et A. Croak y ont apposé leur marque, étant incapables de signer eux-mêmes. Les détails du contrat indiquent clairement que les biens des Long-Couillard-Després provenaient de l’héritage du père de Marie-Julie, Emmanuel. Il est donc probable que les propriétés de L’Islet, que Philip et Marie-Julie possédaient alors, leur avaient été transmises par les Couillard-Després.
[A venir – image du document]
Décès de Marie-Julie Long en 1795
Marie-Julie, première-née de Philip et Marie-Julie, est décédée le 25 avril 1795 à l’Île Verte, au Québec. Elle n’avait vécu que treize mois. Ses obsèques eurent lieu à l’Île Verte le 25 avril 1795.
Nos ancêtres vivaient sous la menace de la famine, des maladies et des rigueurs de la nature que nous avons aujourd’hui du mal à imaginer.
1795 – L’Islet du Portage – Premier foyer de la famille Long
La famille a probablement déménagé à L’Isle-Verte entre le milieu de l’année 1795 et 1796. Nous pouvons affirmer avec certitude qu’elle résidait alors dans ce simple hameau situé à l’est de Rivière-du-Loup, sur le Saint-Laurent. Entre 1796 et 1803 — date à laquelle la famille s’installa à Québec —, quatre enfants y naquirent, mais seuls trois survécurent : Marie-Judith, Constance et Jean-Baptiste.

Comme l’illustre la figure ci-dessus, L’Isle-Verte se trouvait à l’embouchure de la rivière Verte, un cours d’eau stratégique dans l’histoire du portage. Cet itinéraire a servi un temps d’alternative au Grand Portage (ou portage du Témiscouata), avant d’être délaissé au profit d’un tracé terrestre plus praticable. Historiquement, ce passage secondaire était emprunté par les nations autochtones pour le transport des fourrures entre leurs territoires de chasse et le poste de traite de Tadoussac, situé au confluent du Saint-Laurent et de la rivière Saguenay. Champlain avait d’ailleurs mentionné cet itinéraire dès 1604 dans l’un de ses écrits sur la colonie de la Nouvelle-France.
Naissance de Marie-Judith Long en 1795 à l’Île Verte
Marie-Judith est la deuxième née d’une année qui a dû être à la fois pleine de joie et de tristesse pour la Famille Long. Voici le texte de son acte de baptême :
B. Marie-Judith Long : « le vingt novembre mil Sept cent quatre vingt quinze, Je (Ile-Verte) Soussigné curé de cette » Paroisse ai Baptisé une fille, qui a été nommée marie Judith, née de ce jour du mariage légitime de Philippe Long et marie Julie Coulard des prés. Son parrain a été Amable Marquis, et Sa marraine marie Catherine Ouellet, qui ont Déclaré ne Savoir. De ce requis, le père absent. Chles genest ptre.»

1797 – Naissance d’un enfant anonyme
Né le 6 avril 1797, cet enfant anonyme ne vécut que quatre jours. La famille de Philip et Julie traversait des années difficiles. Après cinq ans de mariage, deux de leurs trois enfants étaient décédés peu après leur naissance. Ce décès est peut-être moins surprenant compte tenu du jeune âge de la mère.
Ces informations ont été découvertes par Gilles Long. Mgr Lang ignorait l’existence de cet enfant lorsqu’il a écrit son ouvrage.
Acquisition d’un terrain auprès de Joseph Fraser en 1797
L’acte original de cette transaction immobilière n’a pas encore été retrouvé, mais nous savons qu’elle s’est déroulée le 6 février 1797. Elle est mentionnée dans un acte ultérieur signé par
Joseph Fraser en 1798, par lequel il annule l’hypothèque grevant ce terrain. Cette mainlevée a permis à Philip Long de vendre la propriété à Michel Nadeau, également en 1798. On ignore les raisons pour lesquelles Philip et Julie ont acquis puis cédé ce terrain si rapidement ; il est toutefois possible qu’ils aient simplement déménagé, une pratique qu’ils semblent avoir répétée fréquemment durant ces premières années.
Où se situait cette terre ? Le contrat de vente de 1798 à Michel Nadeau nous apporte les précisions suivantes :
et ayans cause savoir quatre arpent de terre de front sur quarante arpent de profondeur Situé dans le grand portage de la Rivière du loup paroisse St Patrice Joignant d’un Coté au sud-ouest à la terre D’André Mackell(?) de l’autre côté au nord-est à la terre de James Indley présentement réduit au domaine d’un bout par devant au fleuve St Laurent d’autre bout par derrière aufin de sa profondeur, …
Nous savons que :
- Le terrain mesurait quatre arpents de front sur quarante de profondeur.
- Il était situé dans le Grand Portage, dans la paroisse de Saint-Patrice, à Rivière-du-Loup.
- À l’angle sud-ouest, il était borné par les terres d’André Mackell et, à l’angle nord-est, par celles de James Indley.
L’auteur ne croit pas que la famille Long se soit installée sur cette terre, Philip n’en ayant été propriétaire que durant une courte période. D’ailleurs, lorsque Constance naquit plus tard cette année-là, elle fut baptisée à L’Isle-Verte, dans la paroisse même où ses parents étaient réputés résider.
En 1797, un voyageur notoire du nom d’Isaac Weld entreprit un périple à travers le continent. Il consigna de nombreuses observations dans son journal, publié sous le titre Voyage au Canada dans les années 1795, 1796 et 1797. Nous reproduisons ici quelques extraits qui illustrent le mode de vie de nos ancêtres à cette époque, notamment en ce qui a trait au système des postes et des voitures de relais (calèches). que notre ancêtre Philip utilisait fréquemment en raison de la nature de son travail.
Lettre XXVIII
« Ayant séjourné à Québec et dans les environs aussi longtemps que possible, conformément à notre projet de visiter les chutes Niagara et de rentrer aux États-Unis avant l’arrivée de l’hiver, nous avons entrepris le voyage par voie terrestre vers Montréal.
Nulle part en Amérique du Nord un voyageur ne peut se déplacer aussi aisément que sur cette route entre Québec et Montréal. Des relais de poste réguliers, espacés de manière pratique, y sont établis, où des calèches ou des carrioles, selon la saison, sont toujours prêtes. Chaque maître de poste est tenu de posséder quatre calèches et autant de carrioles. De plus, d’autres véhicules sont généralement mis à disposition à chaque étape par des aides de poste, que le maître de poste appelle lorsque les siens sont occupés. Le maître de poste a le privilège exclusif de fournir ces véhicules à chaque étape et, sous peine d’amende, il doit les mettre à disposition un quart d’heure après la demande d’un voyageur, si le jour est levé, et une demi-heure après. » Si le voyage a lieu de nuit, les cochers sont tenus de vous prendre en charge au tarif de deux lieues par heure. Le prix d’une calèche tirée par un seul cheval est d’un shilling d’Halifax par lieue ; le cocher n’attend aucun pourboire.
Les calèches postales sont de construction assez rudimentaire, mais dans l’ensemble, nous les avons trouvées confortables et agréables ; elles sont certainement bien supérieures aux chariots de diligence américains…
Volume II, p. 2-3.
Notes – intéressantes : Selon le système monétaire d’Halifax, monnaie officielle du Bas-Canada, le dollar vaut 5 shillings. Les pièces d’argent en circulation au Canada sont le dollar, le demi-dollar, le quart de dollar, le huitième et le seizième de dollar, la pistarine, les pièces espagnoles d’une valeur légèrement inférieure au quart de dollar, ainsi que les couronnes et demi-couronnes françaises et anglaises. Les pièces d’or ne sont acceptées qu’en lingots, au poids. Les pièces d’or britanniques et portugaises sont considérées comme les meilleures, suivies des pièces espagnoles, puis des pièces françaises !
Naissance de Constance Long, 1798
Constance était la troisième fille de Philip et Marie-Julie. Nous ne possédons aucune information sur le parrain et la marraine, hormis leurs noms. De plus, le document indique que Philip était absent au baptême de Constance. En fait, il sera absent à tous les baptêmes, sauf un ! Pourquoi?
B. Long, Constance «Le huit d’avril mil Sept cent quatre vingt dix Huit par nous curé
(Ile-Verte) Soussigné a été baptisée Sous condition une fille qui a été nommée Constance née le dernier Jour du précédent (mois?) du légitime mariage de Philippe Long fermier de cette paroisse et marie Julie Coular des prés. Son parrain Charles Saindon et Ursule Saindon sa marraine a déclaré ne Savoir
Signataire. le père absent
Charles Saindon Chles genest ptre.»

Elle fut baptisée dans des circonstances qui, selon Gilles Long, laissaient présager une forte incertitude quant à sa survie. Contre toute attente, elle survécut. Elle se maria à deux reprises : d’abord avec Pierre Beaudry, dit « Matelot », en 1813, puis avec Antoine Arton en 1827.
Note importante : Philip Long est mentionné ici comme fermier et non comme courrier. Or, il ressort clairement des recherches de l’auteur que le cumul de ces deux fonctions était monnaie courante à l’époque. Si le métier de courrier était lucratif, il s’avérait extrêmement exigeant. L’agriculture demeurait, même en temps normal, le seul moyen de subvenir aux besoins de la famille et de survivre aux rigueurs de l’hiver.
L’Ile Verte, Québec
Vente de terre à Michel Nadeau en 1798
Le 28 novembre 1798, Philip Long vendit une propriété de quatre arpents à Michel Nadeau, de Saint-Louis-de-Kamouraska.
L’acte, passé devant le notaire Augustin Dionne, précise en français : « le Sieur Philippe Long, habitant, demeure à l’Isle-Verte, dans la paroisse de Saint-Jean-Baptiste ». Ce document confirme que Philip était alors agriculteur (« habitant ») et résidait à L’Isle-Verte. La propriété vendue était située à l’embouchure du Grand Portage de Rivière-du-Loup, dans la paroisse de Saint-Patrice. Philip Long l’avait acquise de Joseph Fraser le 6 février 1797. Afin de permettre la transaction avec Nadeau, Fraser avait consenti à une mainlevée sur l’hypothèque de cinq piastres. Deux jours auparavant, Marie-Julie Després avait donné son consentement en apposant sa marque devant deux témoins : Jos Sirois et Jean Saindon. L’accord final entre Long et Nadeau fut signé par le notaire Dionne et les témoins John Walsh et Jos Dubé, ainsi que par Philip Long lui-même. Nous devons une grande partie de ces précisions aux recherches de Gilles Long.
L’analyse de ce document original est d’un grand intérêt pour comprendre la vie de Philip à cette époque :
- Localisation : Bien que l’acte mentionne la paroisse de Saint-Patrice, Mgr Ernest Lang suggère que ce terrain de quatre arpents se situait plus précisément dans l’actuelle paroisse de Notre-Dame-du-Portage, probablement près de l’endroit où le sentier s’enfonçait dans les terres intérieures.
- Lieu de résidence : Il est possible que la famille ait occupé cette parcelle, bien qu’une incertitude demeure puisque les enfants étaient baptisés à L’Islet (situé à plusieurs dizaines de kilomètres au sud-ouest) durant cette période.
- Rôle de Philip : Il est fort probable que Philip Long ait agi comme maître de poste à l’entrée du Portage. Déjà courrier, il deviendra hôtelier en 1808 à l’extrémité sud du lac Témiscouata.
- Le trajet historique : Dans son ouvrage, Mann livre une description pittoresque de son séjour au poste du « North End » vers 1816. Les voyageurs y faisaient halte avant d’emprunter le sentier vers le sud pour atteindre ce qui deviendrait le « débarcadère de Long ». Après une nuit sur place, ils traversaient le lac Témiscouata en canot, descendaient la rivière Madawaska jusqu’aux Petites Chutes (Edmundston, N.-B.), effectuaient un portage ou louaient une embarcation chez Simonet Hébert, puis descendaient la rivière Saint-Jean vers les Grandes Chutes et, enfin, Fredericton.
Voici le texte intégral et les images de l’acte de vente entre Michel Nadeau et Philip Long.
28 Novembre 1798
Vente de quatre arpent de terre
Par Sr Philip Long
À Michel Nadeau
Par devant le Notaire Public en la province du bas Canada District de Québec résident en la paroisse de la Riviere Ouëlle Soussigné et les témoins ci bas Nommés et soussignés,
Fut présent Sieur Philippe long Habitant demeurant à lile verte Paroisse St Jean Bte, Lequel aujourd’hui reconnu et confessé avoir vendu cédé quitté, delaissé et transporté (# par ces présentes des maintenant et pour toujours – initiales PL et JW) avec promesse de garantir de tout troubles, Dettes, hipotteques, substitutions, aliénation, dons, douaire, et de tous autres empechement generallement quelconques à Michel Nadeau Habitant de St Louis de Kamouraska à ce présent et acceptant pour lui ses hoirs et ayans cause savoir quatre arpent de terre de front sur quarante arpent de profondeur Situé dans le grand portage de la Riviere du loup paroisse St Patrice Joignant d’un Coté au sud-ouest à la terre D’André Yockell de l’autre côté au nord-est à la terre de James Indley présentement reduit au domaine d’un bout par devant au fleuve St Laurent d’autre bout par derriere aufin de sa profondeur, avec les battisses quils peuvent être construit ainsi selon que tout est actuellement se poursuit se comporte s’étend Sans le dit vendeur en faire aucune Reserve ni exception pour lesquels le dit acquéreur a déclaré vôtre contant disant les biens connoitre pour lavoir vu et visité au dit vendeur appartenant lesdits quatres arpent de terre comme layans acquis de Mr Joseph Fraser de la riviere du loup par acte Sous signature privé en date six de fevrier mil sept cent quatre vingt dix sept deposé en létude du Notaire soussigné en date de ce jour étant situé et mouvant(?) en la censive de la Seigneurie de la Riviere du loup et envers le seigneur dicelle chargé de tels cens et droits seigneuriaux que peut devoir etant néanmoins quitte et frant du passé jusqu’à ce jour
Cette vente cession transport et Délaissement ainsi faite au charge que le dit acquereur (# payera à lavenir – init. PL, JW, AD) les cens et droits Seigneuriaux et quil se conformera au Stipulation du Billet de concession de la dite terre de quatre arpent accordé Par Malcolm Fraser Eq. À Robert Panton en date du vingt cinq décembre 1794 et outre ceux pour et moyennant le prix et somme de vingt huit livres du cour actuelle de la province du bas Canada egal a celle de Six cens soixante douze livres anciens cours laquelle dite somme a été payé partie avant les présentes et autre partie contant dont quittance et tant qu’à l’hipotteques de la Somme de six cent livres appliqué sur les quatres arpent de terre ci dessus vendu par le dit Sr Philippe Long faveur de Mr Joseph Fraser comme stipulé au contrat de vente Susdaté elle demeure entierement éteinte et amortie les dites parties en sont main levée (lavée) par le plein consantement du dit Sr Joseph Fraser Suivant sa Déclaration tant par sa lettre et son plein pouvoir adressé au Notaire en date du vingt huit de ce mois demeurans Join et annexé au présentes pour y avoir cour en cas de Besoin au moyen des présentes le Dit vendeur transporte au dit acquéreur tous Droits de propriété fonds, très fonds, noms, raison, et action Possession, et autres droits et pretention quil pouvait avoir et prétendre dans l’étendu de la dite terre ci dessus vendu, desquels il se demis désaisi et Devêtu au profit du dit acquereur voulans et consantant quils soit munis saisi vêtu mis et reçu en Bonne possession et saisinne(?) par qui et aussi quie appartiendra car ainsi & promettant & obligeant & renoncant & fait et passé à la riviere Ouëlle étude du Notaire Soussigné après midy le vingt huit de novembre mil sept cent quatre vingt dix huit en présence des Sieurs John Walsh et Joseph Dubé de la paroisse de la riviere Ouëlle témoins pour ce appellés qui ont ainsi que le dit Sr vendeur signé ces présentes avec le dit Notaire le dit acquereur ayans déclaré ne savoir écrire ni signer.
De ce enquis lecture faite,
John Walsh Philip Long
Jos Dubé Aug. Dionne, n. p.
Transcription by Gilles Long
Dans ce document, nous apprenons que Philip est un « habitant » c’est-à-dire agriculteur.






1797 – Transaction juridique entre Philip Long et Joseph Fraser concernant une hypothèque
Le document suivant est une transaction juridique entre Philip Long et Joseph Fraser visant à effacer une hypothèque sur le terrain qu’il avait vendu en 1797.
Rivière du Loup 28 novembre 1798
Monsieur
Philip Long a vendu la Terre qu’il a acheté de moy à Michel Nadeau il me demande de parêtre devant vous pour décharger l’Enpothèque de cent cinque Piastre ataché sur le contrat que je vendu à Philip Long. Je vous serai obligé de recevoir le cent cinque Piastre pour moy déchargé l’Enpothèque et denoctn ? Michel Nadeau en pleine profession de la dite Terre Je suis
Monsieur,
Votre tres Hbl Serv
Joseph Fraser
Contestation du déplacement de certaines parties d’un chemin à Rivière-du-Loup entre 1798 et 1799
Au début de l’année 2006, Gilles Long a fait la découverte exceptionnelle d’un nouveau document portant la signature de Philip.
Le texte qui suit, rédigé par Gilles Long, est extrait d’un courriel envoyé à Benoît Long le 7 juin 2006. Nous remercions chaleureusement Gilles pour ce travail complet et de grande qualité. Certains éléments de cette analyse s’appuient également sur l’ouvrage de Beauvais Bérubé, Longs Commencements – Longs Cheminements (SHGRDL, p. 171). Le fonds Beauvais-Bérubé constitue d’ailleurs une excellente source d’information sur l’histoire des régions de Rivière-du-Loup et du Témiscouata.
Vous remarquerez également que le nom de Philip Long est orthographié « Phillipe Lang » dans le corps du document, alors que ce dernier a signé l’acte, comme il l’a toujours fait, « Philip Long ».
Source: Gilles Long
1 – Contexte
En septembre 1798, le grand voyer, ministre des Routes du district de Québec, répondit à une demande reçue en mars concernant le tracé de certaines routes dans la paroisse Saint-Patrick, en Basse-Rivière-du-Loup. De nombreux résidents, dont Philip Long, comme le démontreront les documents qui suivent, s’opposèrent aux nouvelles routes proposées par Tashereau, le grand voyer.
Nous présenterons ci-après le résumé et le texte intégral des documents suivants :
- les procès-verbaux des réunions tenues les 14 et 15 septembre ;
- la première lettre d’objection de Donald McLean, datée du 20 décembre 1798 ;
- la deuxième lettre d’objection de Donald McLean, datée du 10 janvier 1799.
2 – Rivière-du-Loup – 14-15 septembre 1798[1]
(Procès-verbal des réunions ayant mené à l’établissement des limites de la Route Royale dans la première concession de la seigneurie de Rivière-du-Loup[2], paroisse Saint-Patrick, comté de Cornwallis)
Nous, Gabriel Elzéar Tashereau, écuyer, Grand Voyer du district de Québec,
Nous avons reçu une requête datée du 31 mars 1798, présentée par Anselme Robichaud, capitaine de la milice, Joseph Lebel et Hypolite, marquis, Voyer adjoint, de la paroisse Saint-Patrick de Rivière-du-Loup, comté de Cornwallis; Cette pétition indiquait que les routes utilisées dans cette paroisse n’étaient pas encore autorisées et qu’elles pourraient être modifiées par endroits. Une autorisation était donc nécessaire pour que les inspecteurs et le Grand Voyeur puissent exercer leurs prérogatives et exiger que nous soyons autorisés à nous rendre sur place afin de résoudre, fixer et autoriser le détournement de ladite route et de rédiger le procès-verbal de cette séance conformément à la loi.
Nous avons inséré à la fin de ce procès-verbal l’ordre particulier afin qu’il soit lu et affiché sur la porte de l’église paroissiale du Divin du Matin le dimanche 2 septembre. Cet ordre exigeait que toute personne intéressée se rassemble au domicile de William Fraser le lundi 6 septembre à dix heures du matin…
En conséquence, nous nous sommes rendus au domicile de William Fraser où un grand nombre de personnes intéressées, habitants de la seigneurie de Rivière-du-Loup, étaient rassemblées. Nous avons alors lu la requête et, après avoir entendu les observations, les demandes et les arguments des habitants, ainsi que leurs débats sur les différentes modifications envisagées pour la Route Royale, nous avons procédé, le 14 septembre, à l’examen des sites concernés.
Nous sommes partis de la Division de l’Anse au Persil où nous avons de nouveau rencontré une assemblée d’habitants réunis au domicile de Joseph Lebel. Nous avons de nouveau écouté les habitants au sujet de la requête de modifications de la Route Royale. Après les débats et après mûre réflexion sur tous les avis exprimés lors de ces délibérations, nous avons confirmé que la majorité des habitants étaient favorables aux modifications proposées au tracé des routes. En conséquence, nous avons établi le tracé de la nouvelle route comme suit (en partant de l’extrémité sud de la paroisse vers le sud-sud-ouest et en traversant les propriétés des personnes suivantes) :
(superficie en acres de terrain en façade ou autour de chaque propriété, selon les déclarations reçues lors des assemblées)
Acres
Joseph Soucy 4
André Lavoie 4
Charles Aubain 4
Germain Michaud 4
Joseph Chapais 4
François Brisson 4
Benoit Grondin 4
Joseph Lebel, Sous Voyer 4
Morice Ouellet 4
(Sur les terres de Joseph Lebel et de Morice Ouellet, la route fut tracée selon les piquets plantés à cet effet, du pont sur le ruisseau jusqu’à l’anse au persil.)
Louis Ouellet 4
Gabriel Plourde 4
Voici la petite rivière du Loup, sur laquelle se trouve un pont en mauvais état, d’une largeur d’environ soixante pieds, qui nécessite des réparations.
Après avoir examiné la route entre les deux rivières du Loup, nous avons modifié le tracé, passant de la petite rivière du Loup à la grande, en présence de John McLoughlin, inspecteur, et de
Joseph Lebel, sous-voyeur.
John McLoughlin 7 arpens
Peter Fraser écuier 3
John McLoughlin 6
Jean-Baptiste Chassé 3
William Campbell 3
Voici la grande rivière du Loup. Puis un pont de soixante-six pieds est ouvert au public et sera reconstruit à l’identique de celui de la petite rivière du Loup.
(Le 15 septembre… nous avons poursuivi notre exploration depuis la grande rivière du Loup jusqu’à Anselme Lévesque. Les habitants se sont réunis chez William Fraser.)
(…) et nous sommes ensuite entrés chez Anselme Lévesque. Nous avons procédé à un vote et, conformément au souhait de la majorité de l’assemblée réunie et à notre propre avis, nous avons immédiatement fixé le tracé de la nouvelle route en leur présence. Le tracé a été établi comme suit : depuis le chemin du Coteau, derrière les Caps, depuis le grand pont sur la rivière du Loup jusqu’aux terres d’Anselme Lévesque, en traversant les terres décrites ci-après (et en partant de la rivière du Loup et en remontant…).
Acres
Le Domaine (du seigneur) : 16
Sieur Joseph Fraser : 11
William Fraser : 11
Cornelius McLouglin : 4
Jean Short : 2
Représentant Baptiste D’Allaire : 2
Joseph Chassé : 2
Benjamin Michaud : 2
Alexandre Paradis : 2
Joseph Dumont : 5
Jean Baptiste Vielle : 3
Michel Vielle : 3
Bartélemi Charet : 5
Benjamin Boucher : 4
Jean Baptiste Boucher : 3
Charles Peltier: 3
Anselme Lévesque: 2
Après un examen du chemin en provenance du sud-ouest et le marquage de la colline sur le terrain d’Anselme Levesque qui jouxtera l’ancien chemin, nous avons résolu et fixé la ligne du nouveau chemin comme suit
Acres
Pierre Morin: 2
Denis Morin fils d’Azard: 2
Vincent Plourde: 2
Alexandre Soucy: 2
Simon Fraser: 6
Denis Morin: 2
Simon Morin: 2
Germain Chassé: 2
Pierre Plourde: 2
Moyse Bourgoin: 1
François Bourgoin: 3
Hypolite Marquis: 5
Denis Morin père: 4
Jean Hottin(?): 3
Clément Chassé: 4
Pierre Bourgoin: 2
Charles Davias(?)2
Jean-Baptiste Dubé: 3
Zacharie Lajoie: 3
James Henley: 4
Philippe Lang: 4
(Un pont d’environ quinze pieds relie les terrains de James Henly et de Philippe Lang ; il sera également reconstruit par les deux propriétaires.)
André Yokle: 2
André Marquis: 2
André Yokle: 4
Vincent Boucher: 2
Représentant de la veuve Lambert: 4
Guillaume Boucher: 2
Charles Lavoie: 3
Jean Baptiste Peltier: 6
Jusqu’à la route menant au lac Témiscouata, qui se termine dans la paroisse Saint-Patrick, à la rivière du Loup.
Ladite Route Royale aura une largeur de trente pieds (environ 9,64 m) sur tout son parcours, lorsqu’elle traverse des terres sèches, et de vingt à vingt pieds (environ 6,12 m) de large sur toute sa longueur, entre les fossés. Ces fossés auront une largeur de trois pieds (environ 91 cm) et une profondeur suffisante pour l’évacuation des eaux de ruissellement. Tous les arbres, branches, etc., seront coupés et enlevés.
Les travaux sur les ponts et les collines publiques seront répartis et attribués à chaque propriétaire de la première concession. L’entretien des ponts sera assuré par les propriétaires riverains.
Quant à la nouvelle route reliant le Domaine aux terres d’Anselme Lévesque, nous leur avons accordé trois ans pour l’achever.
L’exécution de ces travaux est prévue pour le 10 janvier 1799 et sera à la charge des propriétaires de la première concession.
John McLoughlin, inspecteur de la Route de Rivière-du-Loup, certifie que le présent procès-verbal a été lu et publié à la porte de l’église de l’Islet du Portage le dimanche 23 septembre, au bureau du Divin du Matin, ladite église étant considérée comme l’église paroissiale de Rivière-du-Loup.
Il certifie également être resté huit jours consécutifs après la publication et la lecture desdits procès-verbaux, jusqu’au 3 octobre 1798.
À enregistrer, G. E. Tashereau, Grand Voyer
3 – Première opposition à l’entrée en vigueur du changement de tracé de la Route Royale
« Les craintes de l’inspecteur McLoughlin concernant le nouveau tracé de la route allaient bientôt se confirmer. » [4]
Dès le 20 décembre 1798, Donald MacLean adressa une lettre à Taschereau à ce sujet, au nom de nombreux résidents, dont Philip Long.
Gabriel Elzeard Taschereau, Écuyer
Rivière-du-Loup
20 décembre 1798
Monsieur,
Nous, habitants et résidents de la Seigneurie de Rivière-du-Loup, sommes profondément préoccupés par le projet de déplacement de la Route Royale de son emplacement actuel au sommet de la colline, tel qu’il est exposé dans un acte verbal que vous avez laissé à l’inspecteur des routes de ce district. Si ce projet était mis en œuvre, il entraverait, voire empêcherait totalement, la circulation des voyageurs sur la Route Royale, et les échanges naturels entre voisins seraient complètement interrompus, faute de routes menant à leurs habitations.
Nous espérons, Monsieur, vous présenter, ainsi qu’à la Cour, des objections solides et bien fondées quant au tracé de la route tel qu’il est exposé dans l’acte verbal, afin de vous convaincre pleinement de notre position : cette route ne doit pas être tracée à cet endroit.
Vous trouverez ci-joint notre pétition concernant la légère modification de la route que nous estimons avantageuse pour les voyageurs et bénéfique aux particuliers. Nous sommes convaincus que cette modification n’a pas échappé à votre attention lors de votre inspection dans ce secteur.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.
Votre très humble serviteur
et obéissant
(Signé) Donald MacLean
(Ont signé ou fait une marque)
Peter Fraser Joseph Beaullieu, Pilote
Gabrielle Gagnon Alexis Beaullieu, S. Voyer
Jean Bapt. Dumont Joseph Beaullieu, S. Voyer
Philip Long Francis Legacy, S. Voyer
Pierre Côté, S. Voyer Simon Fraser
Louis Gilbert
Pierre Sirois, Capitaine de milice
Francis Bourguignon
Charles Peltier
Clément Chassé
Benjamin Michaud
Jean-Baptiste Bélangé
Joseph Peltier
Joseph Dumont
Deuxième opposition de Donald MacLean
N’ayant reçu aucune réponse à sa lettre du 20 décembre 1798 adressée à l’honorable Taschereau, Donald MacLean décide de s’adresser aux juges de la Cour de quartier des Sessions de la paix du district de Québec. Le jour de la promulgation du procès-verbal par Taschereau, soit le 10 janvier 1799, il demande aux juges d’émettre une ordonnance de suspension.
En son nom et pour les mêmes groupes de personnes qui avaient signé sa lettre/pétition initiale du 20 décembre, il écrit :
District de Aux Juges de la Cour de
Conseils trimestriels de Québec
Représente
Que les routes de Rivière-du-Loup doivent être modifiées conformément à la procédure verbale promulguée ce jour devant vous, cela allongera la route d’environ un mille et la rendra dangereuse à de nombreux endroits pour les voyageurs, voire presque impraticable par endroits, car elle traverse en partie des bois et passe derrière une longue chaîne de rochers. Un seul passage est praticable, et ce à un coût très élevé. Si une voiture, été comme hiver, venait à avoir un accident, le voyageur devrait parcourir une grande distance avant de trouver de l’aide. De plus, il n’y a aucune communication entre les routes proposées et les habitations. Enfin, le voyageur est obligé de monter et de descendre une côte très haute et abrupte où il est impossible pour un cheval de transporter un passager ou une charge.
Pour ces raisons et bien d’autres qui pourraient être invoquées au besoin, les personnes susnommées s’opposent à l’aménagement de la route tel qu’il est décrit dans le procès-verbal susmentionné.
(Signé) Donald MacLean, citant
pour lui-même et
les personnes susmentionnées
Québec, le 10 janvier 1799
5 – La requête est rejetée
Les juges semblent avoir clairement pris parti pour Taschereau en la matière, puisque dans leur réponse datée du 14 janvier, Taschereau indique :
« Que la portion de route faisant l’objet de la plainte se trouve sur une route aussi bonne que n’importe quelle autre et constituera une route agréable et sûre, et qu’il n’y a aucun endroit dangereux pour le public ;
Que le Grand-Voyer est loin de croire que cette nouvelle route prolonge la route actuelle ; au contraire, nous croyons que même aux yeux des opposants qui se sont présentés aux assemblées, cette route serait plus courte que l’actuelle ;
Que MacLean, Joseph Dumont et Charles Peltier sont les seuls Signataires de la plainte ayant un intérêt dans l’affaire;
Que parmi les autres signataires, plusieurs proviennent d’autres paroisses que celle de Rivière-du-Loup et que d’autres, bien que de ladite paroisse, n’ont aucun lien avec la route;
Que le tronçon de route contesté par les opposants a été établi non seulement parce que le Grand-Voyer souhaitait une résolution, mais aussi parce qu’il voulait se conformer aux souhaits de la majorité de la population concernée. C’est pourquoi le Grand-Voyer a conclu que l’ordonnance devait être exécutée et les opposants « renvoyés aux dépens ».
L’opposition de Philip Long et d’autres n’a pas obtenu les résultats escomptés, comme en témoigne le fait que « la route actuelle existe encore aujourd’hui sur la colline qui surplombe le Saint-Laurent et qui sera plus tard appelée rue Fraser ».
[1] Archives nationales du Québec, Procès-verbaux et délibérations des Grands-Voyers, 1762-1855, bobine M400-2064.
[2] Nous rapportons ici le texte complet sans modifications.
[3] C’est cette partie de la Route qui sera litigieuse.
[4] Bérubé, Beauvais, Rivière-du-Loup, Longs Commencements – Longs Cheminements, SHGRDL , p 171.
[5] Bérubé, Beauvais, op. cit., p. 172 et 173.
[6] Bérubé, Beauvais, op. cit., p. 173
Texte en français de Gilles Long







Hugh Finlay est congédié des Postes – Heriot le remplace
Hugh Finlay fut démis de ses fonctions aux Postes le 18 octobre 1799 en raison d’irrégularités comptables et de dettes personnelles. Il fut immédiatement remplacé par
George Heriot, nommé « sous-directeur général des postes pour les provinces du Haut et du Bas-Canada, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick en Amérique du Nord, ainsi que pour d’autres dépendances ». Heriot entra officiellement en fonction en avril 1800. Frustré par la rigidité de la réglementation postale, il s’efforça d’améliorer et de développer le service dans la région isolée, mais en pleine expansion, du sud-ouest du Haut-Canada. Dès décembre 1800, il augmenta la fréquence du service hivernal vers Niagara, passant d’une unique livraison pour toute la saison à une livraison mensuelle ; des courriers supplémentaires furent également affectés à la liaison Montréal-Kingston.
Saint-André-de Kamouraska (L’Islet-du-Portage)
Naissance de Jean-Baptiste Long en 1800
Jean-Baptiste est le premier fils survivant du mariage de Philip et Marie-Julie. Sa naissance survient huit ans après l’union de nos deux ancêtres. Il voit le jour à Saint-André, une paroisse distincte de celle de L’Isle-Verte, ce qui pourrait indiquer que la famille Long s’était alors rapprochée de l’entrée principale du Portage.
Philip est recensé dans l’acte comme journalier. Nous connaissons les noms du parrain et de la marraine : Jean-Baptiste Lebel et Josette Corbin. Jean-Baptiste Lebel officiait également comme courrier à cette époque ; on peut donc supposer que l’enfant a été prénommé ainsi en hommage à son parrain. Une fois de plus, Philip était absent lors du baptême, cette fois celui de son premier fils. Il semblerait que la famille ait déménagé vers Rivière-du-Loup entre 1800 et 1803, bien que cela reste incertain compte tenu de la proximité entre L’Isle-Verte et Rivière-du-Loup.
Une autre hypothèse est que l’église paroissiale se situait à l’endroit où la majorité de la population se rassemblait, soit à Rivière-du-Loup plutôt qu’à L’Isle-Verte. De nos jours, ces secteurs sont intégrés au sein de pôles urbains plus denses.

B. J B Lent ou Lang : «Le vingt neuf septembre, mil huit cens par nous soussigné curé
(Saint-André) a été baptisé jean baptiste, né hier au Soir du légitime mariage de philippe Lent journalier en la rivière du loup réunie à cette paroisse et de julie Dépré son Epouse. le parrain a été jean baptiste Lebel et la marraine josette Corbin qui ont déclaré ne savoir signer. De cet Enquis suivant l’ordre. Le père absent.
F. Vézina ptre.»
En 1827, Jean-Baptiste deviendra le premier Long à s’établir à Clair, au Nouveau-Brunswick. L’absence de Philip Long au baptême de son fils n’est sans doute pas fortuite. Il est possible que son travail de journalier l’ait éloigné de cet événement familial majeur. Une autre hypothèse est que Philip, en tant que protestant, ait préféré s’abstenir plutôt que de participer activement à la vie religieuse catholique, à l’éducation et aux cérémonies rituelles telles que les baptêmes. Quoi qu’il en soit, tous ses enfants furent élevés dans la foi catholique, probablement sous l’influence prépondérante de leur mère.
Visite de Mgr Denaut (1802)
Dans sa thèse intitulée Le Portage de Témiscouata, publiée en 1958, Nive Voisine rapporte que Mgr Denaut, évêque de Québec, effectua une visite au portage du Témiscouata en 1802.
Bien que nous ne disposions d’aucun autre détail sur ce voyage, il est certain que l’évêque et sa suite passèrent par l’endroit qui deviendra plus tard Long’s Landing. Il est probable que l’ancienne demeure de Higginbotham était encore inoccupée à cette époque. D’après l’abbé Thomas Albert, dans son ouvrage Histoire du Madawaska, nous savons que plusieurs prêtres séjournèrent à Saint-Basile, dans la colonie du Madawaska, notamment le père Amyot en 1799, le père Vézina entre 1800 et 1802, ainsi que le père Dorval en 1803 et 1804.
L’abbé Albert précise également que Mgr Denaut visita Saint-Basile en 1803, bien que l’on ignore s’il emprunta le portage ce jour-là. Cette visite constitua néanmoins une étape cruciale dans la fondation de la paroisse de Saint-Basile, lieu qui allait devenir central pour les baptêmes et la vie religieuse de nos ancêtres. C’est lors de ce passage qu’il célébra, pour la première fois dans la région, le sacrement de la confirmation. L’année suivante, le père Charles Hott, vicaire de Rivière-Ouelle, devint le premier prêtre résident de la paroisse.
Déménagement de la famille Long à Québec
Entre 1800 et 1803, Philip Long et Marie Julie s’installèrent avec leur famille à Québec. La date exacte de ce déménagement est inconnue. Nous ne connaissons pas leur adresse exacte entre 1803-1804.
Naissance d’Édouard-Narcisse Long en 1803
Nous ne savons rien de cet enfant. Ni Gilles Long ni Mgr Ernest Lang ne possèdent d’informations supplémentaires à son sujet, ni sur les circonstances entourant son sort.
À cette occasion, Gilles Long nous apprend que Philip était présent au baptême. Le prêtre semble toutefois s’être trompé, puisqu’il a inscrit « Jean-Baptiste Long » comme père au lieu de Philip ! Gilles estime que l’officiant a probablement confondu les prénoms avec ceux des témoins. Jean-Baptiste Desgranges était en effet un messager (courrier) bien connu entre Québec et Fredericton ; nous retrouverons d’ailleurs son nom dans les chapitres suivants, lorsque nous aborderons plus en détail l’histoire du Portage.

B. Édouard Narcisse Long : «Le neuf juillet mil huit cent trois je vicaire Soussigné ai
(Québec) baptisé Edouard narcisse née le même jour du Légitime Mariage de jean baptiste Long Courrier et de Marie Couillard Després, parrain jean baptiste Desgranges, Marraine Magdeleine Seguin avec le père et Nous.
Magdeleine Séguin J.B. Desgranges
Philip Long F. Vézina ptre.»
1803 – Mémorial de Reuben Chace demandant le transfert du lot 49 (Canterbury)
En 1803, Reuben Chace demanda le transfert du lot 49 (Canterbury) à « l’absent » Philip Long. Cet acte marquait la fin d’un chapitre intéressant de la vie de Philip en tant que propriétaire foncier. Que savons-nous de Reuben Chace ? D’après Esther Clark Wright, il était charpentier et avait servi comme soldat durant la Révolution américaine. Originaire du comté de Dutchess, dans l’État de New York, il s’installa d’abord à Gagetown, au Nouveau-Brunswick, avant de déménager avec son fils et sa famille à Canterbury. Ils s’établirent sur les lots adjacents à celui de Philip Long (le n° 49) et demandèrent le droit d’occuper les lots 48 et 50. Les recherches effectuées dans l’ouvrage de Murtie June Clark n’ont pas permis de retrouver la trace de Reuben Chace ; il est donc probable qu’il ait servi dans un régiment de l’État de New York ayant combattu dans les territoires du Nord pendant la Révolution.
Transcription de Benoît Long.

Voici le texte intégral de la demande de Reuben Chace, datée du 19 février 1803.
À Son Excellence Thomas Carleton, écuyer, lieutenant-gouverneur et commandant en chef de la province du Nouveau-Brunswick
Etc… etc… etc…
Mémoire de Reuben Chace père et Reuben Chace fils
Nous vous informons très humblement que :
Votre pétitionnaire, Reuben Chace père, habite cette province depuis de nombreuses années et n’a jamais reçu de terre du gouvernement, étant cordonnier de métier. Cependant, les difficultés financières de sa famille l’empêchent de subvenir à leurs besoins grâce à sa profession. Il est désormais contraint de s’installer et de mettre en valeur un terrain vacant dans la paroisse de Woodstock, désigné sous le numéro 50, dans la parcelle décrite dans la concession accordée à Tristram Hillman et autres.
Ce terrain étant trop petit pour une ferme, il prie Son Excellence de bien vouloir lui attribuer une ferme en y incluant les parcelles n° 50 et 49, destinées à Reuben Chace Senior. Il prie également Son Excellence de bien vouloir attribuer la parcelle n° 48 à Reuben Chace Junior. Lesdits lots étant non concédés, à l’exception du lot n° 49, qui avait été concédé à Philip Long, lequel n’y a jamais apporté aucune amélioration, et ledit Philip Long étant un habitant du Canada,
Vos signataires, fidèles à leur devoir, demeureront toujours sur place.
Reuben Chace père
Reuben Chace fils
Fredericton
4 février 1803
19 février 1803
Les lots n° 48 et 50 décrits ci-dessus sont non concédés et le lot n° 49, tel qu’indiqué ci-dessus, a été concédé à Philip Long dans le cadre de la concession accordée à Tristram Hillman et associés dans la paroisse de Woodstock.
George Sproule
Arpenteur général

Voici la réponse et l’approbation du Conseil.
N° 7
Reuben Chace Senior et Reuben Chace Junior
Woodstock
Déposé le 19 février 1803.
Mémoire de Reuben Chace Senior et Reuben Chace Junior, en tant qu’enquête sur la déshérence du lot n° 49, concédé à Philip Long, absent lors de la concession à Tristram Hillman et autres. Woodstock, et demande que ce lot, ainsi que les lots adjacents n° 48 et 50 sur lesquels ils ont apporté des améliorations, leur soient concédés.
19 février 1803
Enregistrement prévu le 28 octobre 1805
Décès d’Édouard-Narcisse Long en 1803
Malheureusement, Édouard Narcisse Long décéda le 28 mars 1804. Il n’avait que huit mois. Philip était, semble-t-il, Courrier de Madawaska, presque à titre honorifique. La famille vit toujours à Québec à l’heure actuelle.
« Le vingt huit mars mil huit cent quatre je vicaire soufsigné ait inhumé dans le cimetière de Ste Anne Edouard fils de Philippe Long courier de Madawaska et de Marie dupré son épouse décédé
en cette vile avant hier agé de huit mois présent Louis Blein et jean-baptiste oneille (?) soufsignés
Louis Julien F. Vézina ptre
Translation
«Le vingt mars mil huit cent quatre, moi, vicaire de cette paroisse, soussigné, ai inhumé au cimetière Sainte-Anne-Édouard, fils de Philippe Long, coursier de Madawaska, et de Marie Dupré, son épouse, décédé hier dans cette ville à l’âge de huit mois. Étaient présents Louis Blein et Jean-Baptiste Oeille (soussigné).
Louis Julien F. Vézina, prêtre »

1805 – Naissance de Julie Hortanse Long
Naissance de Julie-Hortanse à Québec le 25 mars. Elle ne vivra que neuf mois. Elle était la deuxième Julie de la famille à naître et à mourir.
Philippe Long et sa famille résident toujours à Québec en 1805.
Gilles Long et Gilles Paillard ont découvert un recensement effectué à Québec qui prouve que la famille de leur ancêtre s’y était installée. Ce recensement religieux a été réalisé dans la paroisse par Mgr. Plessis, et fut effectué le 15 mai 1805. Il indique qu’un certain Phil Loan, courrier d’Alifax, habitait au numéro 16 de la rue Sainte-Ursule, dans le Vieux-Québec. Dans cette même maison, vingt-huit personnes étaient recensées !
Le recensement mentionne les personnes suivantes :
Cinq paroissiens (dont au moins un communiant) et un protestant. Ce dernier devait être notre ancêtre.
Gilles a recensé les cinq personnes qui vivaient avec Philippe à cette époque : Marie-Julie et leurs quatre enfants : Judith, Constance, Jean-Baptiste et Julie (née le 25 mars et décédée le 20 décembre 1805).
Voici une miniature du coin de la rue Sainte-Ursule où Philippe Long et sa famille auraient habité. Elle est extraite de la célèbre carte topographique de Bouchette, datant de 1815.

Gilles ajouta que sur les sept enfants nés en 1805, quatre étaient décédés. Les trois enfants survivants (à l’exception peut-être d’Emmanuel) atteindraient l’âge adulte.
1805 – Reçu, devant notaire, par Philip Long au nom du curé Pinet, d’une somme d’argent pour un sculpteur à Québec.
Le 14 juillet 1805, Philip Long agit comme messager (mandataire) pour un service important rendu à sa paroisse. Le curé de Saint-Louis-de-Kamouraska, le père Pinet, souhaitait commander une sculpture destinée à orner son église. Philip s’engagea alors, en hypothéquant ses propres biens, à remettre à Pierre-Florent Baillargé, maître sculpteur de Québec, la somme de 420 livres et 20 shillings. Cet arrangement fut conclu devant le notaire local, Thomas Pitt.
N°574
14 juillet 1805 Pitt
Reçu de Philippe Long & de Mefsire Pinet Prêtres Curé
minute
Pardevant Les Notaires publics en La Province du Bas Canada résidant en La Paroisse St-Louis des Kamouraska en Le Comté Cornwallis sous signé & Les témoins aufsi sous signés
Fut présent Sr Philippe long Courier Lequel a ce jour reconnai avoir eu & recu de Mefsire Alain Pinet Curé à Kamouraska La somme de quatre cent livres Les Livres de vingt sols pour autant chaque qu’il promet sous l’hypotèque de tous ses biens remettre à Pierre Florent Bailliargé, Me Sculpteur à Québec pour autant que Lui doit La fabrique du dit Kamouraska a compte des ouvrages qu’il doit Faire pour La dite Eglifse ? ? La dite comme prometen Quittance & La Livrer au dit Mefsire Pinet a sa demande Car Ainsi & Promettant & Obligeant & fait & pafsé en La maison Presbitorale apres midi Le quatorze Juillet mil huit cent cinq présence de Paschal Taché Ecuier & Ignace Martin témoins qui ont signé ainsi que le dit Philippe Long signé avec nous Lecture faite trois mots biffés nuls
Philippe Long
Paschal Taché témoin
Igance Martin Thoms Pitt n.p.
Transcription par Gilles Long.



La famille Long retourne à L’Islet du Portage
Nous ignorons les circonstances de ce déménagement, mais nous pouvons supposer que la famille Long a quitté Québec entre 1805 et 1806, année de la naissance de Philippe II en octobre.
Naissance de Philippe Long (II) en 1806
En 1806, le deuxième fils de la famille naît et est baptisé le 23 octobre 1806 sous le nom de Philippe Long (II). Aucun document ne mentionne la présence de Philip Long au baptême ; il est désigné comme courrier. La famille a donc dû déménager de Québec à L’Islet du Portage entre 1805 et 1806.
B.de Philippe Lang : « L’an mil huit cent Six le vingt trois d’octobre par nous curé de
(L’Islet) l’islette Soussigné a été baptisé philippe Lang né du Sr Philippe Lang Courrier pour le Roi et de Marie Julie Coüillard Dépré de cette Paroisse. Le parrain a été François Chalifour le fils, et la marraire Marie Josette Couillard Dépré qui a Signé avec nous, le Parrain ayant (dit) ne le Savoir, en foi de quoi.
Marie Joseph Couillard depre Jacques Panet ptre.»
Philippe Long (II) s’est marié à Trois-Rivières en 1833. Plusieurs de ses descendants, ainsi que ses enfants lors de son second mariage, ont écrit leur nom de famille Laing. De nombreux descendants de cette famille continuent aujourd’hui à épeler leur nom de cette façon. Donald Long a réalisé une généalogie complète pour cette famille de Laing (Long).

Étienne Michaud est engagé comme courier pour Philippe Long en 1808.
En 1808, un contrat fut signé entre Philip Long et Étienne Michaud, lequel fut engagé comme courrier au service de Long. Le contrat, daté du 29 mars, prit effet le 6 avril pour une durée de douze mois. Michaud devait assurer la distribution du courrier entre Québec et Grand-Sault (Nouveau-Brunswick). Autre précision importante : Philip résidait alors de nouveau à L’Islet et non plus à Québec.
Gilles Long nous a transmis la transcription suivante d’un extrait de cet acte notarié.
«… il est néanmoins convenu que le dit Philipe Long fera le voyage du mois de Mai prochain mais sera tenu le dit Michaud d’aller avec lui ou lui fournir un homme, et si il y a quelques passagers à qui il servira de guide les profits seront au dit Michaud seul sans que le dit Long puisse prétendre quoi que ce soit et pourrait ce le dit Philipe Long promet payer, compter et délivrer au dit Michaud la somme de cent cinquante trois piastres pour la dite année et acompte de laquelle dite somme il sera payé par chaque voyage au bureau de la dite poste à Québec la somme de neuf piastres d’Espagne et tant au marché qu’il y avait entre le dit Long, Michaud, Nadeau et Brillant il restera ce qu’il était avant ces présantes pour mener et ramener le courrier de Québec au Portage et du Portage à Québec.»
Du texte, on apprend que Long a également utilisé d’autres courriers pour son travail, dont un certain Nadeau et Brillant.





Naissance d’Emmanuel Long le 10 avril 1808 à l’Islet-du-Portage, Québec.
Il n’y a plus aucune trace d’Emmanuel longtemps après sa naissance. On ne sait pas s’il a survécu.
B. Emmanuel Lang : « L’an mil huit cent huit le onze d’avril par nous curé de L’islette
(L’Islet) Soussigné a été Baptisé Emmanuel né hier de Philippe Lang Courrier du Roi et Marie Julie Dépré de cette Paroisse. Le parrain a été le Sr Emmanuel Dépré et marraine Reine Amelin qui ne sait pas Signer. En foi de quoi. Jacques Panet ptre.»

Entre la naissance d’Emmanuel et l’année suivante, Philip Long reçut l’ordre de déplacer sa famille vers un lieu quasi désert, où la terre était ingrate, mais revêtait une importance stratégique considérable pour les autorités militaires et civiles de l’époque. Cette décision plongea Philip dans un quotidien semé d’embûches et de dangers ; sa famille vécut ainsi durant près de vingt ans dans ce lieu devenu célèbre sous le nom de « Débarquement de Long ». L’endroit servit tour à tour de ferme familiale et d’auberge pour les voyageurs. Philip Long était possiblement âgé de 67 ans (ou 57 ans) — un âge remarquable pour l’époque — lorsqu’il s’engagea avec les siens à jouer ce rôle crucial dans les tribulations liées au Grand Portage, depuis Notre-Dame-du-Portage (près de Rivière-du-Loup) jusqu’à l’extrémité du lac Témiscouata.
[i] Isaac Weld, Voyages à travers l’Amérique du Nord et les provinces du Canada 1795-1797, Augustus Kelley, Publishers, New York, 1970. Édition originale de 1809.
[ii] Acte de vente entre Philip Long et Michel Nadeau, daté du 28 novembre 1798 à Rivière Ouelle, Québec. Signé devant le notaire Augustin Dionne, en présence des témoins John Walsh et Jos Dubé. Source : Mgr Ernest Lang, Ghislain Long. Transcription du texte original : Gilles Long. Copie : Ghislain Long.
[iii] George Head, Scènes et incidents forestiers dans les contrées sauvages d’Amérique du Nord, Récit d’un voyage d’hiver d’Halifax aux Canadas, Londres, 1829, pages 138-143.